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Excalibur

Excalibur

Titel: Excalibur Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Bernard Cornwell
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au bout d’un moment, il fît signe à Bors et à moi de le rejoindre. « Je
n’avais pas prévu de les combattre ici, mais c’est un aussi bon endroit qu’un
autre. Meilleur que bien d’autres, en fait. Sont-ils tous là ? »
demanda-t-il à Bors.
    Bors avait de
nouveau bu, en prévision de l’assaut saxon, mais il fit de son mieux pour
paraître sobre. « Tous, Seigneur. Sauf peut-être la garnison de Caer
Ambra. Ils étaient censés poursuivre Culhwch. » D’un mouvement saccadé de
sa barbe, Bors montra la colline à l’est où d’autres Saxons venaient se joindre
au campement. « Peut-être que ce sont eux, Seigneur ? Ou juste des
bandes de pillards ?
    — La
garnison de Caer Ambra n’a jamais trouvé Culhwch, dit Arthur, car j’ai reçu un
message de lui, hier. Il n’est pas loin d’ici, Cuneglas non plus. Dans deux
jours, nous aurons cinq cents hommes de plus, et les Saxons ne seront plus que
le double de nous. » Il rit. « Bravo, Derfel !
    — Bravo ? »
demandai-je surpris. Je m’étais attendu à sa désapprobation, pour m’être fait
piéger si loin de Corinium.
    « Il
fallait les combattre quelque part et tu as choisi cet endroit. Il me plaît.
Nous occupons une situation élevée. » Il parlait fort, voulant que sa
confiance se propage parmi mes hommes. « J’aurais dû arriver ici plus tôt,
ajouta-t-il à mon intention, seulement je n’étais pas certain que Cerdic
mordrait à l’hameçon.
    — L’hameçon,
Seigneur ?
    — Toi,
Derfel, toi. » Il rit et descendit d’un bond du rempart. « La guerre
n’est faite que de hasard, n’est-ce pas ? Et c’est par hasard que tu as
trouvé un endroit où nous pouvons les vaincre.
    — Tu veux
dire qu’ils s’épuiseront à grimper la colline ?
    — Ils ne
seront pas assez bêtes pour cela, dit-il joyeusement. Non, je crains que nous
ne soyons obligés de descendre et de nous battre dans la vallée.
    — Avec quelles
forces ? demandai-je amèrement, car même en comptant les troupes de
Cuneglas, ils nous surpassaient encore terriblement en nombre.
    — Avec
tous les hommes que nous avons, répliqua Arthur avec optimisme. Mais pas avec
les femmes ; je pense qu’il est temps d’envoyer nos familles dans un
endroit moins dangereux. »
    Nos compagnes
et nos enfants n’eurent pas besoin d’aller loin ; il y avait un village à
une heure de marche et la plupart y trouvèrent un abri. Au moment même où ils
quittaient le Mynydd Baddon, d’autres lanciers d’Arthur survinrent. C’étaient
les hommes qu’il avait rassemblés au voisinage de Corinium, et qui comptaient
parmi les meilleurs de Bretagne. Sagramor arriva avec ses guerriers endurcis
et, comme Arthur, il alla se poster à l’angle sud du Mynydd Baddon afin que les
Saxons puissent voir sa silhouette mince dans son harnois noir se découper sur
l’horizon. Un sourire exceptionnel éclaira son visage. « Leur présomption
les a rendus imbéciles, dit-il avec mépris. Ils se sont piégés eux-mêmes dans
la plaine et ils n’en bougeront plus maintenant.
    — Pourquoi ?
    — Une
fois qu’un Saxon a construit une cabane, il n’aime pas qu’on l’oblige à se
remettre en marche. Il faudra à Cerdic une semaine au moins pour les tirer de
là. » Les Saïs et leurs familles s’étaient installés confortablement et
maintenant, la vallée ressemblait à deux villages, tout en longueur, faits de
petites cabanes aux toits de chaume. L’un d’eux était proche d’Aquae Sulis,
alors que l’autre se trouvait à une lieue de là, dans le coude que faisait la
rivière. Les hommes de Cerdic s’y étaient installés tandis que les lanciers d’Aelle
cantonnaient, soit dans la cité, soit dans les huttes qu’ils venaient de
construire alentour. J’avais été surpris que les Saxons s’installent à Aquae
Sulis au lieu de la brûler, mais à chaque aube, une longue procession
franchissait les portes, laissant derrière elle la vision réconfortante de la
fumée des cuisines qui s’élevait des toits de chaume ou de tuiles. L’invasion
saxonne avait été rapide, mais maintenant, leur impétuosité semblait s’être
épuisée. « Pourquoi ont-ils divisé leur armée en deux ? demanda
Sagramor en regardant avec incrédulité l’intervalle séparant le campement d’Aelle
des cabanes de Cerdic.
    — Pour ne
nous laisser qu’un endroit où aller, ici, dis-je en montrant la vallée, où nous
serons coincés entre les deux.
    — Et où
nous

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