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Histoire du Japon

Titel: Histoire du Japon Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Georges Sansom
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Japon médiéval fut une influence négative, cause de désordres, de corruption et d’effusions de sang. Il faut évidemment considérer à part l’œuvre des bons moines lettres qui, dans la solitude de leurs séminaires ou de lointains temples de campagne, travaillèrent au maintien d’une tradition de piété et d’érudition. Mais l’extraordinaire succès des sectes dissidentes à partir de l’an mille et durant les siècles suivants constitue en soi un puissant témoignage touchant l’échec des vieilles écoles à la fois sur le plan des préceptes et sur celui de l’exemple.
    Il est évident que l’époque demandait une foi simple et réconfortante qui offrît à l’homme du commun quelque espoir de salut, comme allait le faire le culte du compatissant Bouddha Amida prêché par de nouveaux chefs religieux en un évangile facile à comprendre, et qui apportait une consolation aux misères de ce monde en même temps qu’une perspective de bonheur dans le suivant. Les misères en question étaient loin d’être imaginaires, car comme on l’a vu les calamités naturelles étaient fréquentes, la vie précaire, la situation politique instable. Le désordre intérieur que connaissait déjà le XI e siècle ne fit qu’empirer au XIIe, où il culmina avec la révolte dite insurrection de Hôgen. S’il est inutile d’entrer dans le détail des causes les plus répandues de mécontentement, il faut souligner que la turbulence et l’avidité des grandes sectes bouddhiques suffisaient à plonger le commun des fidèles dans le doute et la désolation. Les livres contemporains témoignent abondamment de l’esprit pessimiste qui régnait dans tous les domaines. Sauf chez les membres de la classe militaire alors en progression, on pourrait dire que l’inquiétude était le trait dominant de l’époque. La plupart des études concernant la période de Heian expliquent ce sentiment par certaines prophéties touchant le déclin du bouddhisme dans ce qu’on appelait le « Dernier Jour de la Sainte Loi » (MappôJ ; mais cette explication paraît forcée et superflue à propos d’une période de regret du passé et de crainte de l’avenir telle que toutes les sociétés en connaissent dans des phases de changement et de croissance. Il est toutefois possible que des prédicateurs aient cru vivre une certaine décadence, car selon le Bouddha Sâkya, durant la période de déclin de’a Loi, la Sainte Voie que lui-même enseignait ne pourrait plus être suivie. Mais ce n’est pas nécessairement les raisons des maîtres qui inspirent les disciples.
    La nature de cette nouvelle forme de bouddhisme, hors de son importance dans l’étude des religions, revêt un intérêt particulier en ce sens qu’elle éclaire le tempérament japonais. Reconnu et adopté par la plupart des anciennes sectes, le culte bouddhique d’Amida avait déjà une longue histoire en Chine et au Japon, quand, vers la fin du xie siècle, il prit une nouvelle importance. Son enseignement, qui mettait l’accent sur la renaissance dans le paradis d’Amida, fut répandu par un moine érudit dénommé Gen-shin (connu plus tard sous le nom d’Eshin), auteur du célèbre Öjöyüshü, ou « Vertus essentielles au salut », qui contribua grandement à encourager la pratique du nembutsu, ou « invocation du Bouddha ». En proférant simplement le nom du Bouddha, le nembutsu entend exprimer une foi totale en Amida, qui, dans son infinie compassion, peut sauver celui qui l’invoque. Il suffit de répéter la formule « Namu Amida Butsu ». Désormais, il est superflu de comprendre les subtilités des grandes sectes, de participer à leur rituel compliqué, ou de pratiquer aucune de leurs austérités. La confiance en le Bouddha est tout ce qui est nécessaire.
    Cette foi très simple évolua selon différentes lignes à différentes époques, donnant naissance à plusieurs versions de l’enseignement de la « Terre pure », nom donné au paradis d’Amida. Mais les divisions ou sectes qui en résultèrent n’étaient pas hostiles et restaient toutes fidèles au point central de la doctrine, à savoir l’efficacité de l’invocation du nom du Bouddha et la prédominance de la foi sur les œuvres. Rien, on le verra, ne pouvait être plus éloigné de la complexité du Tendai et du Shingon et de la magnificence de leurs institutions. Il n’est pas étonnant que l’invocation d’Amida se répandît à travers le pays comme un

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