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Histoire du Japon

Titel: Histoire du Japon Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Georges Sansom
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et la plus fertile de toutes les provinces. Elle était éloignée de la capitale, et elle avait été colonisée bien plus tard que le Yamato (bien qu’au néolithique ce fût le plus grand centre de population). A l’est et au nord de celle-ci s’étendaient des territoires encore incultes, où la vie était dure et exigeait du courage et de l’endurance.

les clans rivaux. leur histoire familiale
    Il était normal qu’en ces temps difficiles de combats de frontière, les guerriers privés constituent des bandes ou des ligues d’attaque ou de défense. De nom, beaucoup d’entre eux étaient soumis à l’autorité d’un grand noble ou d’un important monastère dans le manoir (shôen) duquel leur terre se trouvait prise, notamment lorsqu’ils en étaient intendants. Parfois, lorsque la terre n’était pas totalement exemptée, ils avaient également certains devoirs envers le gouverneur de la province. Mais à mesure qu’ils devenaient plus influents, en vertu d’intérêts communs ou pour d’autres raisons, ils rejetèrent l’autorité des seigneurs absents et des fonctionnaires provinciaux et locaux, en sorte que, vers 950, on voit des ordres émanant du pouvoir central et de ses représentants en province ignorés par de puissants propriétaires établis loin de la capitale. Les révoltes de Masakado et de Sumitomo (étudiées dans le chapitre VIII) illustrent parfaitement cette tendance. C’était de l’insoumission déclarée, mais par ailleurs elle n’était pas exceptionnelle car dans le pays tout entier la classe guerrière dans son ensemble cherchait à se libérer des restrictions des lois foncières et du contrôle des officiers de la Couronne. L’une des façons d’y parvenir consistait à s’allier contre les représentants du gouvernement, et l’apparition de ligues créées à cette fin marqua une étape importante dans le développement de la classe militaire. Des factions ou partis de ce genre, comme le « Bandô Hachi Heishi » (les Huit Groupes Taira de l’Est) ou le « Musashi Shichitô » (les Sept Partis de Musashi), commencèrent d’apparaître dans les provinces de l’Est, formant une classe plus ou moins homogène de guerriers, au centre ou à la tête de laquelle se trouvaient les chefs des grands clans, les Taira et les Minamoto. Et c’est la rivalité entre ces deux clans pour la direction des guerriers qui aboutit à la formation d’une société militaire puissante et unie.
    Il ne faut toutefois pas y voir le résultat d’une lutte de classe des cultivateurs pauvres en révolte contre les riches propriétaires de l’aristocratie. Les deux clans étaient dirigés par des hommes d’origine aristocratique – en réalité, de sang royal – et quoique tous deux eussent leur base en province, l’un et l’autre comptaient des parents dans la capitale. Qu’ils fussent Taira ou Minamoto, la plupart des magnats locaux avaient à un moment donné fait partie de l’ordre établi en tant que gouverneurs ou vice-gouverneurs, ou simplement en tant que propriétaires terriens, et c’est en gagnant l’appui de petits colons que les deux clans avaient favorisé la formation d’une classe guerrière. Par ailleurs, surtout dans les provinces éloignées de la capitale, presque tous les cultivateurs étaient également des guerriers.
    A l’origine, les deux clans étaient au service des Fujiwara, dont la position politique était sans équivalent dans la capitale mais très puissante aussi dans les provinces grâce à l’influence des administrateurs et régisseurs de leurs riches manoirs. Mais avec le temps, les familles guerrières parvinrent a exercer certaines pressions sur les Fujiwara, et, devenant elles-mêmes propriétaires de domaines importants, à jouer un rôle politique de plus en plus considérable. En ce sens, leur histoire est celle de tous les barons féodaux. Mais ce qui, dans leur cas, est peut-être exceptionnel, c’est que, malgré leur réelle puissance politique, elles ne renièrent pas l’autorité de la Maison impériale, mais se servirent plutôt de la qualité divine du souverain comme prétexte à exercer l’autorité politique suprême en tant que ses représentants. C’est là le caractère particulier des rapports mutuels entre un système féodal en formation et une ancienne constitution monarchique définie dans des codes écrits.
    Les Minamoto descendaient de l’empereur Seiwa (858-876) et devaient leur nom au code de

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