Histoire Romaine
qu’au sud (et sud-ouest), au contraire, on voit encore les
ruines du mur gigantesque dont il vient d’être parlé. Impossible de les prendre
pour les restes d’une fortification distincte et séparée du mur de la ville. Si
ces fouilles étaient poussées, à la profondeur convenable (les fondations du
mur trouvé sur la Byrsa [Bics] sont à 56 pieds au dessous du sol actuel), il
est présumable qu’elles mettraient au jour, sur toute la ligne d’enceinte du
côté de terre, des fondations ou égales ou de même nature, même en admettant qu’au
point où le faubourg fortifié de Magalia [ Magar ] venait s’appuyer
sur la principale enceinte, les remparts aient été construits moins vastes et
moins puissants tout d’abord, ou qu’encore ils aient pu être de bonne heure
négligés. – Quelle était en tout la longueur de ces murs ? c’est ce qu’il
n’est pas possible de préciser : toutefois, à en juger par ce fait que 300
éléphants y avaient leurs écuries, avec les magasins à fourrage nécessaires, et
faire entrer en ligne de compte les autres salles et les portes, leur étendue
était grande assurément. Enfin, il arriva souvent, on le comprend, qu’on
donnait le nom de Byrsa à toute la ville intérieure, laquelle renfermait la
citadelle ou Byrsa proprement dite, et cela par opposition à la ville
extérieure, la Magalia, enveloppée aussi d’une simple chemise (Appien, Punic .,
117. – Nepos, dans Servius , ad Æneid ., 1, 368).
[581] Ainsi le dit Appien ( loc. cit.) . Diodore, qui
tient compte de la hauteur des créneaux, parle de 40 coudées ou 60 pieds. Les
restes actuels ont encore de 13 à 16 pieds, ou de 4 à 5 mètres.
[582] Les fouilles ont mis à nu des salles en fer à cheval,
profondes de 14 pieds grecs sur une largeur de 11 : la largeur de l’entrée
n’a point été relevée. Pourtant il resterait à vérifier si, d’après ces mesures
et celles du corridor, l’installation des éléphants y était réellement
praticable. Les parois de refend des salles ont une épaisseur de 1 m 1 = 3
pieds grecs ½.
[583] Orose, 4, 2. – 2. 000 pas, ou, comme l’a dû dire
Polybe, 16 stades, font environ 3. 000 mètres. La colline de la citadelle, sur
laquelle est aujourd’hui bâtie l’église de Saint-Louis, mesure au sommet 1. 400
mètres de tour environ ; à mi-hauteur, elle a 2. 600 mètres (Beule, p. 22) :
en bas, les chiffres donnés dans le texte doivent se trouver à peu près exacts.
[584] Elle porte aujourd’hui le fort de la Goulette .
[585] Côthon : le nom phénicien du port voulait
précisément dire : bassin arrondi. On en a la preuve par Diodore (3, 44) et
par la traduction que les Grecs en donnent [ xώθων , coupe ].
Il ne peut s’appliquer d’ailleurs qu’au port intérieur de Carthage. Strabon (17,
2, 14) qui s’en sert pour désigner l’île de l’Amirauté, et Festus (v° Cothones ,
p. 37) l’emploient dans ce sens. Appien ( Punic ., 127) est moins exact
quand il désigne l’avant-port quadrangulaire (port du commerce) comme faisant
partie du Côthon.
[586] Cette route était aussi celle du commerce entre les
mers Noire et Adriatique ; c’est vers son point milieu que les vins de
Corcyre se rencontraient avec ceux de Thasos et de Lesbos, et l’auteur
pseudo-aristotélique du traité des choses merveilleuses en fait déjà
mention. La direction est encore suivie de nos jours : on va de Durazzo à Salonique par les montagnes de Bagora (monts Kandaviens ),
voisines du lac d’ Ochrida ( Lychnitis ), et par Monastir .
[587] [ Εύελπίδες ,
qui ont bonne espérance.]
[588] On a retrouvé dans quelques localités sabines, à Parme ,
et même à Italica , en Espagne, quelques piédestaux ou bases ,
portant encore le nom de Mummius, et qui ont supporté des oeuvres d’art provenant
du butin artistique de la campagne de Grèce de 608 [146 av. J.-C.].
[589] La réduction de la Grèce en province romaine se
place-t-elle en l’an 608 [146 av. J.-C.] ou non ? La question, en réalité,
roule sur une dispute de mots. Il est certain que, dans l’ensemble, les cités
grecques étaient restées libres ( Corp. masc. grœc ., 1543, 15, César, Bell. civ., 3, 4 ; Appien, Mithr., 58 ; Zonare, 9, 31).
Mais il n’est pas moins certain, d’autre part, qu’en même temps, les Romains prirent
possession du pays (Tacite, Ann., 14, 21 ; I Macchab., 8, 9, 10) qu’à
dater de ce jour ; chaque cité eut à payer à Rome une
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