Histoire Romaine
que nous
possédons sûr : le second tribunat de Saturninus, nous n’y trouvons rien
qui se réfère à Quintus Cœpion le père et aux voies de fait judiciaires
exercées contré lui. On tirera argument peut-être de ce que Saturninus, durant
ce second tribunat, et à l’occasion de ses projets de colonisation, aurait
voulu utiliser les sommes versées au trésor à titre de restitution de l’or de
Toulouse ( de vir. illust ., 73, 5 ; et sur ce passage, Orelli, ind.
legg ., p. 137). Cette allusion ne me convainc pas : on a bien pu d’ailleurs
faire confusion entre la première loi agraire africaine de Saturninus et sa
seconde loi générale. Enfin, il y eut comme un retour ironique du sort, retour
habituel aux procès politiques de Rome, à cette époque, dans l’accusation
postérieurement suivie contre Norbanus, et basée précisément sur la loi dont il
était l’un des auteurs (Cicéron, Brut., 89, 385 [ Varius…, sua lege
damnatus ]). Il n’en résulte pas le moins du monde que l’Appuleia, au
lieu d’être une loi d’exception, ait eu le caractère de loi générale, punissant
tous les crimes de haute trahison, ainsi que l’a fait plus tard la Cornelia.
[648] Nous nous appuyons ici sur les indications
relativement plus dignes de foi de l’ Epitomé de Tite-Live (où on lit : reversi in Galliam in Vellocassis se Teutonis conjunxerunt ) et de
J. Obsequens, écartant les témoignages de moindre valeur, qui font apparaître
plus tôt les Teutons, les montrant même (Appien, Celtic ., 13) réunis aux
Cimbres, dès la bataille de Noreia. Nous rattachons aussi à notre opinion les
données fournies par César ( Bell. G , 1, 33 : 2, 4, 29). En parlant
de la marche des Cimbres sur la province romaine et l’Italie, il n’a pu avoir
en vue que l’expédition de 652 [102 av. J.-C.].
[649] [Après la campagne d’Hannibal sur le Rhône, la
bataille d’Aix est l’un des premiers et des plus ineffaçables souvenirs que l’histoire
romaine ait laissés dans les Gaules. Les lieux mêmes ont été marqués à son nom.
J’en ai pu lire jadis le récit, mon Plutarque à la main, jetant les yeux sur le
ruisseau de l’ Arc , où s’engagea la bataille entre les goujats ( calones )
de l’armée venus pour puiser de l’eau et les Teutons : sur la montagne
de Sainte-Victoire ( Victoriœ Mons ), qui domine Aix : sur cette
ferme du Déloubre ( Delubrum ), où se dressa sans doute le temple
bâti en commémoration de l’heureux événement ; et sur les campagnes du
village de Pourrières ( compi putridi ), engraissées du sang des
vaincus]
[650] On a voulu à tort, s’écartant de la tradition, porter
aux alentours de Vérone le lieu de la bataille. On oubliait qu’entre les
combats livrés sur l’Adige et la journée décisive, il s’était écoulé tout un
hiver, qu’il y avait eu de nombreux mouvements de troupes, et que Catulus, selon
le dire exprès de Plutarque ( Mar ., 24), avait été refoulé sur la rive
droite du Pô. Et même en tenant compte d’une autre indication (Hieron., Chronic .)
aussi doublement inexacte, et suivant laquelle on se serait battu dans la
région du Pô, là même où Stilicon plus tard écrasera les Gètes , c’est-à-dire
non loin de Cherasco , sur le Tanaro ; encore arriverait-on
plus près de Verceil que de Vérone.
[651] [Tite-Live, 1, 7]
[652] Il n’est point possible de dire exactement lesquelles
de ces lois appartiennent au premier tribunat de Saturninus, lesquelles
appartiennent au second, d’autant mieux que dans les unes comme dans les autres
leur auteur se montre évidemment fidèle à la tradition des Gracques. L’écrit, connu
sous le titre de de vir. ill. (73, 1), fixe à l’année 651 [103 av.
J.-C.] la date de la loi agraire, date concordante avec la conclusion toute
récente de la guerre contre Jugurtha. La deuxième loi agraire se place
indubitablement en 654 [-100]. Quant aux lois sur le crime de lèse-majesté et
sur les distributions de blé, celle-là date selon toute probabilité de 651 :
celle-ci de 654.
[653] Toutes les indications établissent sa filiation. Quintus
Cœpion l’Ancien avait été consul en 648 [106 av. J.-C.] celui-ci fut questeur
en 651 [-103] ou 654 [-100]. Donc le premier était né vers 605 [-149], et
celui-ci vers 624 [-130] ou 627 [-127]. En vain l’on soutiendrait le contraire
en affirmant avec Strabon (4, 188) que l’ancien Cœpion serait mort sans laisser
de fils. Le second Cœpion en effet périt en
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