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Julie et Salaberry

Julie et Salaberry

Titel: Julie et Salaberry Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Louise Chevrier
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le temps de vous marier, ajouta-t-il, mi-figue mi-raisin.
    â€” Mais sans négliger mes Voltigeurs, Sir.
    â€” Je vous offre mes félicitations, dit Vassal de Monviel en lui tendant la main. J’espère que nous aurons bientôt le bonheur de rencontrer madame de Salaberry.
    â€” Moi de même, Salaberry, moi de même, grogna Prévost. Alors, où en est votre régiment?
    â€” En trois semaines, nous avons recruté deux cent soixante-quatre hommes, Excellency .
    â€” Ah! Mais c’est très bon, ça, Salaberry, le félicita Rottenburg.
    â€” Les Glengarry Fencibles recrutent également, annonça le gouverneur. Vous arrêterez ce nombre à trois cents!
    â€” Mais nous avions prévu en recruter quatre cents, protesta Salaberry.
    â€” C’est ainsi, coupa court Prévost.
    Le gouverneur songeait à tous ces hommes qu’il fallait équiper de pied en cap pour la guerre et aux moyens d’y parvenir. Des difficultés d’approvisionnement étaient à prévoir et il préférait favoriser cet autre régiment de volontaires qui regroupait surtout des Britanniques.
    Salaberry échangea un regard avec Rottenburg qui était tout aussi déçu de cette décision que son aide de camp. C’est à ce moment-là que l’adjudant général Edward Baynes entra précipitamment. Retenu ailleurs, il n’avait pu participer à la réunion d’état-major et un officier qui savait suffisamment écrire prenait des notes pour lui, installé à une petite table dans un coin de la pièce.
    L’individu à la mine chafouine qui venait de faire son apparition était l’homme de confiance du gouverneur, son porte-parole en quelque sorte, puisque c’était lui qui rédigeait les ordres généraux pour l’armée. Baynes avait derrière lui une belle carrière d’officier et détestait les Canadiens pour les pendre, à commencer par les Salaberry qui, à son avis, jouissaient de faveurs indues.
    â€” Veuillez m’excuser, Sir, mais je viens tout juste d’apprendre des nouvelles de Lisbonne.
    Salaberry sursauta.
    â€” Lisbonne? Vous auriez donc des nouvelles de Badajoz?
    â€” Je m’adressais à Son Excellence, s’offusqua Baynes, du haut de sa supériorité britannique.
    Ã€ ses yeux, les états de service de Salaberry n’effaçaient pas le crime d’être un native , un de ces papistes qui flattaient le duc de Kent, ce prince qui était la honte de l’Angleterre en vivant en concubinage avec une Française et s’était entiché de ces damned Canadians . Diantrement révoltant! Des Canadiens qui osaient rêver des hautes sphères de l’armée.
    Salaberry s’était frotté plus d’une fois aux préjugés des Britanniques. Et Baynes, un individu mesquin, était certainement le pire de tous. De son désaccord avec Prévost, Salaberry voyait surtout un affrontement entre deux personnalités. Mais la haine de Baynes à son égard était carrément raciale. Il se méfiait de ce lèche-bottes plus que de n’importe qui.
    â€” Alors? s’impatienta Prévost. Cessez de nous faire languir. Quelles sont les nouvelles?
    â€” Badajoz est une victoire, Sir, dit Baynes en s’adressant uniquement à Prévost, comme s’il n’y avait que lui et le gouverneur dans la pièce.
    â€” Mais comment l’avez-vous appris? demanda Vassal de Monviel. L’ Ewretta n’est pas au port.
    â€” Par le capitaine d’un bateau irlandais, un nommé Patrick, qui vient d’entrer au port. En mer, il aurait croisé un navire venant de Lisbonne et obtenu un journal de là-bas daté du 18 avril dans lequel on affirme que Wellington est vainqueur.
    â€” C’est tout? demanda Salaberry d’un ton impatient. Vous n’avez pas d’autres détails?
    De nouveau, Baynes s’abstint de répondre.
    â€” Monsieur Baynes, dit alors le général de Rottenburg, le major Salaberry est anxieux d’avoir des nouvelles. Vous savez tout comme nous qu’il a un frère là-bas.
    Baynes n’osa pas pousser sa hargne plus loin.
    â€” Mon général, il semble que ces informations soient déjà entre les mains des gens du Quebec Mercury . Tout sera écrit dans le prochain numéro du journal.
    â€” Voyez, Salaberry, nous n’en

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