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La Fin de Pardaillan

Titel: La Fin de Pardaillan Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Michel Zévaco
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plus indulgente, répondit Brin de Muguet, en riant, après avoir rendu baiser pour baiser.
    Et comme la brave femme fouillait déjà dans le panier, en sortait le paquet dont nous avons signalé la présence, elle recommanda :
    – Doucement, mère Perrine, doucement. Il y a là-dedans des friandises et des choses fragiles pour ma fille Loïse.
    – Soyez donc tranquille, rassura l’excellente femme en riant, je me doute bien de ce que contient ce paquet. Comme si je ne savais pas que vous ne vivez que pour votre fille Loïse qui est bien l’enfant la plus choyée et la plus gâtée qui se puisse voir.
    – Le mérite-t-elle pas ?
    – Ah ! que oui, le pauvre cher ange du bon Dieu ! s’écria la mère Perrine avec conviction.
    – Bien vous en prend d’en convenir, sans quoi…
    – Sans quoi ? interrogea la mère Perrine, voyant qu’elle laissait la phrase en suspens.
    – Sans quoi, je vous eusse demandé pourquoi vous la gâtez autant que moi qui suis sa mère, acheva Brin de Muguet en riant.
    – Sa mère ! C’est bientôt dit, mâchonna la mère Perrine. Et tout haut :
    – Tout de même, vous pourriez aussi penser un peu à vous. Tout ce que vous gagnez, vous le dépensez pour votre Loïsette… sans compter ce que vous me donnez à moi, toujours pour elle.
    – C’est ma fille ! répéta Brin de Muguet avec une gravité soudaine. Et je ne veux qu’elle ait une enfance abandonnée et sans caresses, comme fut la mienne.
    q

Chapitre 18 MAMAN MUGUETTE
    E lles étaient entrées et la mère Perrine avait poussé la porte derrière elle.
    Valvert vint s’arrêter devant cette porte. Le hasard et non point sa volonté fit qu’il fut masqué par la haie, sans quoi les deux femmes, qui étaient encore dans le jardin, l’eussent aperçu. Il était livide. Ses jambes flageolaient, il serait certainement tombé s’il ne s’était raccroché désespérément à la haie, sans s’apercevoir qu’il s’ensanglantait les mains aux épines.
    Le malheureux avait tout entendu. Et ces mots « ma fille », « moi qui suis sa mère » avaient produit sur lui l’effet d’un coup de massue s’abattant à toute volée sur son crâne. Et il râlait :
    – Sa fille !… Elle a donc une fille ?… Et c’est cela qu’elle voulait dire quand elle assurait qu’elle n’était pas libre !… Une fille ! Elle a une fille !… Et elle prétend qu’elle n’est pas mariée !… Mais si elle n’est pas mariée, comment peut-elle avoir une fille ?… C’est donc qu’elle a eu un… Oh ! que vais-je penser là ? Elle, la pureté même, avoir eu un amant ! Allons donc, c’est impossible !… J’ai mal entendu, mal compris !…
    A ce moment même, de l’autre côté de la haie, Brin de Muguet s’informait :
    – Où est-elle donc, ma fille Loïse. ? Comment se fait-il qu’elle ne soit pas accourue déjà ?
    – La pauvre mignonne s’énervait trop à vous attendre. Elle voyait bien que vous étiez en retard, allez. Je l’ai envoyée jouer dans le jardin, derrière. Sans doute n’a-t-elle pas entendu la voix de son ami Grison, sans quoi elle serait déjà là, expliqua la mère Perrine.
    – Vite, fit Muguette en se débarrassant vivement de sa cape, courons la surprendre.
    Valvert entendit encore. Sans doute avait-il fini par se persuader qu’il avait mal compris, car il fut anéanti en entendant celle qu’il aimait répéter ces mots : « Ma fille Loïse », qui retentissaient dans son esprit comme un coup de tonnerre. Il vit les deux femmes se diriger vers le jardin de derrière. Machinalement, il contourna la haie. Il voulait voir, entendre. Peut-être se raccrochait-il désespérément à cette idée qu’il verrait et entendrait des choses qui lui prouveraient qu’il s’était trompé. Il avait bien entendu cependant. Mais il se refusait obstinément à en croire ses oreilles. Il trouva un jour dans la haie où il pouvait très bien passer sans être vu lui même. Il s’arrêta là, regarda, écouta.
    Une enfant de cinq ans environ jouait tristement au fond du jardin. Elle était jolie à faire rêver avec ses grands yeux d’un bleu limpide plus bleus et plus purs que l’azur éclatant qui brillait au-dessus de sa tête d’ange du bon Dieu, comme disait la mère Perrine, avec ses fins cheveux qui lui faisaient comme une auréole d’or autour de la tête. Elle était vêtue non pas comme une fille du peuple, mais luxueusement, élégamment, comme une fille de

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