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La pierre et le sabre

La pierre et le sabre

Titel: La pierre et le sabre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Eiji Yoshikawa
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le jeune homme battu.
    — Ce Denshichirō ne
paraît pas manquer de confiance en soi. S’il brûle à ce point de venir,
peut-être devrais-je moi-même accepter son défi.
    — Non, n’y songez pas. Ces
fils de gens célèbres ont en général une haute opinion d’eux-mêmes ; en
outre, ils sont enclins à tâcher de déformer les choses à leur propre avantage.
Si vous le battiez, vous pouvez être certain qu’il essaierait de ruiner notre
réputation à Kyoto. En ce qui me concerne, cela m’est indifférent ; mais
je ne veux pas imposer ce genre de chose à Munenori ou à Hyōgo.
    — Qu’allons-nous faire, en ce
cas ?
    — Le mieux serait de l’apaiser
par un moyen quelconque, de lui donner l’impression qu’on le traite en fils de
grande maison. Peut-être était-ce une erreur que de lui envoyer un homme.
    Son regard se tourna vers Otsū,
et il poursuivit :
    — ... Je crois qu’une femme
voudrait mieux. Otsū doit être exactement la personne qu’il faut.
    — Très bien, dit-elle.
Voulez-vous que j’y aille maintenant ?
    — Non, rien ne presse. Demain
matin suffira.
    Sekishūsai écrivit rapidement
une simple lettre, du type de celles qu’un maître du thé pourrait composer, et
la tendit à Otsū, avec une pivoine pareille à celle qu’il avait mise dans
le vase.
    — ... Donnez-les-lui, et
dites-lui que vous êtes venue à ma place parce que je suis enrhumé. Voyons
quelle sera sa réponse.
     
    Le lendemain matin, Otsū se
couvrit la tête d’un long voile. Les voiles étaient déjà démodés à Kyoto, mais
les provinciales des classes moyennes et supérieures les prisaient encore.
    A l’étable, située aux abords du
château, elle demanda à emprunter un cheval.
    Le palefrenier, occupé à nettoyer,
dit :
    — Oh ! vous partez ?
    — Oui, je dois me rendre au
Wataya faire une commission pour Sa Seigneurie.
    — Je vous accompagne ?
    — Inutile.
    — Tout ira bien ?
    — Naturellement. J’aime les
chevaux. Ceux que je montais dans le Mimasaka étaient sauvages, ou peu s’en
faut.
    Tandis qu’elle s’éloignait à
cheval, le voile brun rougeâtre flottait au vent derrière elle. Elle montait
bien, tenant d’une main la lettre et la pivoine un peu épuisée et de l’autre
menant adroitement l’animal. Fermiers et ouvriers agricoles lui faisaient signe :
durant son bref séjour en cet endroit, elle avait déjà lié connaissance avec
les habitants, dont les relations avec Sekishūsai étaient beaucoup plus
amicales qu’il n’était d’usage entre seigneurs et paysans. Ici, tous les
cultivateurs savaient qu’une belle jeune femme était venue jouer de la flûte à
leur seigneur ; la respectueuse admiration qu’ils avaient pour lui s’étendait
à Otsū.
    En arrivant au Wataya, elle mit
pied à terre et attacha son cheval à un arbre du jardin.
    — Soyez la bienvenue !
lui cria Kocha en sortant pour l’accueillir. Vous restez pour la nuit ?
    — Non, je viens seulement du
château de Koyagyū porter un message à Yoshioka Denshichirō. Il se
trouve encore là, n’est-ce pas ?
    — Voulez-vous attendre un
instant, je vous prie ?
    Durant la brève absence de Kocha, Otsū
fit sensation parmi les voyageurs bruyants qui chaussaient leurs guêtres et
leurs sandales, et mettaient sac au dos.
    — Qui est-ce ? demanda l’un
d’eux.
    — Qui donc croyez-vous qu’elle
vient voir ?
    La beauté d’Otsū, une
élégance gracieuse qu’il était rare de rencontrer à la campagne, entretinrent
les chuchotements et les œillades des hôtes sur le départ jusqu’à ce qu’elle
disparût à la suite de Kocha.
    Denshichirō et ses
compagnons, s’étant attardés à boire la nuit précédente, venaient à peine de se
lever. A l’annonce qu’un messager était venu du château, ils crurent qu’il s’agissait
de l’homme déjà venu la veille. La vue d’Otsū, avec sa pivoine blanche, causa
une vive surprise.
    — Oh ! je vous en prie,
ne regardez pas la chambre ! C’est une écurie.
    L’air de s’excuser, ils
rajustèrent leurs kimonos et s’agenouillèrent avec un peu de raideur
protocolaire.
    — ... Je vous en prie, entrez
donc, entrez donc.
    — Je suis envoyée par le
seigneur du château de Koyagyū, déclara Otsū avec simplicité en
posant lettre et pivoine devant Denshichirō. Auriez-vous l’amabilité de
lire la lettre maintenant ?
    — Ah ! oui... ceci ?
Oui, je vais le lire.
    Il ouvrit le rouleau qui n’avait
pas plus

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