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La pierre et le sabre

La pierre et le sabre

Titel: La pierre et le sabre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Eiji Yoshikawa
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nous ne savons
pas. Le vieux maître l’a coupée lui-même, et apparemment cela saute aux yeux de
quelqu’un dont les yeux voient véritablement.
    — Hum, fit Debuchi. J’aimerais
le rencontrer... Nous pourrions vérifier ce point, et aussi nous faire dire par
lui ce qui s’est passé dans la plaine de Hannya.
    Mais pour ne pas se compromettre,
il demanda son avis à Kimura. Celui-ci fit observer que puisqu’ils ne recevaient
aucun shugyōsha , ils ne pouvaient le recevoir comme hôte à la salle
d’entraînement ; mais rien ne s’opposait à ce qu’ils l’invitassent à un
repas arrosé de saké au Shin’indō. Les iris y étaient déjà en fleur,
ajouta-t-il, et les azalées sauvages allaient fleurir. Ils pourraient organiser
une petite réception, parler d’escrime et de choses de cet ordre. Selon toute
vraisemblance, Musashi serait content de venir, et le vieux seigneur, si la
chose lui parvenait aux oreilles, n’y trouverait sûrement pas à redire.
    Kizaemon frappa son genou, et s’écria :
    — Excellente idée !
    — Ça nous amusera nous aussi,
ajouta Murata. Répondons-lui sur-le-champ.
    En s’asseyant pour écrire la
réponse, Kizaemon dit :
    — Le garçon est dehors. Qu’il
entre.
    Quelques minutes plus tôt, Jōtarō
bâillait en grognant : « Qu’est-ce qu’ils peuvent bien fabriquer ? »,
lorsqu’un gros chien noir vint le flairer. Croyant avoir trouvé un nouvel ami, Jōtarō
adressa la parole au chien et lui tira les oreilles.
    — Luttons, proposa-t-il, puis
il étreignit l’animal, qu’il renversa. Le chien accepta le jeu ; aussi l’enfant
recommença-t-il deux ou trois fois.
    Puis, serrant les mâchoires du
chien l’une contre l’autre, il lui dit :
    — ... Et maintenant, essaie
un peu d’aboyer !
    Ce qui fâcha le chien. En s’enfuyant,
il saisit entre ses crocs le pan du kimono de Jōtarō, et tira avec
ténacité. Ce fut le tour de l’enfant d’être furieux.
    — ... Pour qui me prends-tu ?
Arrête ça tout de suite ! cria-t-il.
    II tira son sabre de bois qu’il
brandit au-dessus de sa tête d’un air menaçant. Le chien, prenant l’affaire au
sérieux, se mit à aboyer fortement pour attirer l’attention des gardes. Jōtarō,
avec un juron, abattit son sabre sur la tête de l’animal. Cela fit le bruit d’une
pierre frappée. Le chien se jeta sur le dos de l’enfant, attrapa son obi et le
fit tomber. Avant qu’il n’eût pu se relever, l’animal était de nouveau sur lui
tandis qu’il essayait frénétiquement de se protéger le visage avec les mains.
    Il tenta de fuir, mais le chien
courait sur ses talons ; les montagnes répercutaient l’écho de ses
aboiements. Le sang commença de couler entre les doigts qui protégeaient le
visage, et bientôt les hurlements angoissés de Jōtarō dominèrent ceux
du chien.
     
     
     
La vengeance de
Jōtarō
     
    De retour à l’auberge, Jōtarō
s’assit devant Musashi, et d’un air content de soi rapporta qu’il avait
accompli sa mission. Plusieurs égratignures zébraient la face de l’enfant, dont
le nez ressemblait à une fraise bien mûre. Il souffrait sans nul doute ;
mais comme il ne donnait aucune explication Musashi ne posa aucune question.
    — Voici leur réponse, dit Jōtarō
en tendant à Musashi la lettre de Shōda Kizaemon.
    Et il ajouta quelques mots sur sa
rencontre avec le samouraï, mais sans souffler mot du chien. Tandis qu’il
parlait, ses blessures se remirent à saigner.
    — Vous n’avez plus besoin de
moi ? demanda-t-il.
    — Non, je n’ai plus besoin de
toi. Merci.
    Tandis que Musashi ouvrait la
lettre de Kizaemon, Jōtarō quitta la pièce en hâte, les mains sur la
figure. Kocha le rattrapa, et examina ses égratignures d’un œil inquiet.
    — Qu’est-ce qui t’arrive ?
demanda-t-elle.
    — Un chien m’a sauté dessus.
    — Le chien de qui ?
    — L’un des chiens du château.
    — Oh ! c’était ce gros
chien de meute noir, Kishū ? Il est méchant. Je suis sûre que malgré
ta force, tu n’as pu en venir à bout. Pense donc, il a mordu à mort des rôdeurs !
    Ils avaient beau n’être pas dans
les meilleurs termes, Kocha le conduisit au ruisseau, derrière l’auberge, et
lui fit se laver le visage. Puis elle alla chercher de l’onguent qu’elle
appliqua. Pour une fois, Jōtarō se conduisit en gentilhomme. Quand
elle eut fini de le soigner, il s’inclina et se confondit en remerciements.
    — ... Arrête ces courbettes.
Tu

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