Le clan de l'ours des cavernes
d'espaces séparés autour de foyers alignés dans une rangée centrale, et de rideaux pour enclore les plates-formes à
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vivait à moins d'une longueur de bras de sa voisine et devait passer par l'espace des autres pour entrer ou sortir. Afin de cohabiter dans un lieu aussi confiné, les MamutoÔ respectaient des règles de courtoisie tacite qui permettaient une certaine intimité et qu'ils apprenaient en grandissant.
Ayla ne trouvait la hutte de terre mamutoÔ exiguÎ que depuis qu'elle avait dormi dans le vaste abri de la Neuvième Caverne. Elle se rappela que chaque famille du Clan avait aussi son foyer séparé, mais sans murs : rien que quelques pierres pour indiquer les limites de chaque espace. Les membres du Clan apprenaient également de bonne heure à éviter de regarder chez le voisin. Pour eux, l'intimité était affaire de convenances et de considération.
En dépit de leurs murs, les habitations des Zelandonii n'arrêtaient pas le bruit, naturellement. Il n'était pas nécessaire de les b‚tir aussi solidement que les huttes des MamutoÔ puisque les surplombs rocheux les protégeaient de la plupart des intempéries. Les constructions zelandonii gardaient avant tout la chaleur du feu et brisaient les vents qui s'insinuaient sous les surplombs. En traversant l'aire d'habitation, on surprenait souvent des bribes de conversation, mais les Zelandonii s'efforçaient de ne pas entendre les voix de leurs voisins. Comme les membres du Clan, qui s'entraînaient à ne pas voir dans le foyer voisin, comme les MamutoÔ et leur politesse. Ayla se rendit compte, à la réflexion, que pendant le peu de temps qu'elle avait passé chez eux, elle avait déjà
appris à ne plus entendre les voisins... la plupart du temps.
Serrée contre Jondalar, elle murmura :
- J'aime la façon qu'ont les Zelandonii de construire une habitation pour chaque famille, un foyer distinct des autres.
- J'en suis heureux, répondit-il, ravi d'avoir tout arrangé pour qu'elle trouv‚t une demeure bien à elle au retour de la Réunion d'Eté, et d'avoir gardé le secret.
En fermant les yeux, Ayla songea qu'elle aurait peut-être un jour sa propre habitation, avec des murs offrant une intimité inconnue du Clan ou même des MamutoÔ. Les cloisons intérieures augmentaient encore cette intimité. Tout en se sentant esseulée dans sa vallée, elle en avait aussi apprécié
l'isolement, et le Voyage, seule avec Jondalar, avait renforcé son désir d'élever une barrière entre elle et les autres. La proximité des habitations lui donnait en même temps la sécurité de savoir qu'il y avait toujours quelqu'un près d'elle.
quand elle le voulait, elle entendait encore les bruits réconfortants de voisins s'installant pour la nuit : des conversations murmurées, des pleurs de bébé, un couple faisant l'amour. Ces bruits lui avaient manqué quand elle vivait seule, mais, dans la Neuvième Caverne, chacun avait un endroit o˘ s'endormir tranquillement. Une fois derrière les minces cloisons de l'habitation, il était facile d'oublier qu'on était entouré des autres, et le murmure de bruits de fond apportait un sentiment de sécurité. Ayla estimait que la façon dont vivaient les Zelanrinnii était idéale Lorsqu'ils repartirent, le lendemain matin, elle constata que leur troupe avait grossi. De nombreux membres de la Vingt-Neuvième Caverne s'étaient joints à eux, mais aucun, remarqua-t-elle, du Rocher aux Reflets, du moins aucun qu'elle reconn˚t. Lorsqu'elle le fit observer à Jondalar, il expliqua que la majeure partie du Camp d'Eté, la moitié de la Face Sud et quelques membres du Rocher aux Reflets voyageraient avec eux. Les autres partiraient un ou deux jours plus tard. Elle se souvint que son compagnon avait parlé
de repasser par le Camp d'Eté pour participer à la récolte des pignes et en conclut que la Neuvième Caverne entretenait des relations plus étroites avec la Partie Ouest qu'avec les autres.
Du Rocher aux Reflets, s'ils longeaient la Rivière, ils prendraient d'abord plein nord au début d'une large courbe qui s'incurvait à l'est puis au sud, et de nouveau à l'est en une seconde boucle qui remontait finalement vers le nord, décrivant un grand S. Le cours d'eau poursuivait ensuite vers le nord-est en une succession de méandres tranquilles. A l'extrémité nord de la première boucle, quelques petits abris-sous-roche servaient de haltes aux Zelandonii qui voyageaient ou chassaient, mais la
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