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Cahiers secrets de la Ve République: 1986-1997

Titel: Cahiers secrets de la Ve République: 1986-1997 Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Michèle Cotta
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n’en font pas assez. Les noms de Roland Dumas et de Georges Kiejman reviennent à de nombreuses reprises dans ses propos.
    Quant à lui, il préférerait démissionner plutôt que d’accepter une action qu’il jugerait, dans son for, ni opportune ni souhaitable.
     
    Il a beaucoup ri, en revanche, dans une vie antérieure, lorsqu’il préparait les discours et les voyages de Mitterrand. Il raconte le jour où, à bord de l’avion présidentiel, Attali a renversé son plateau-repas sur le costume de l’amiral de Gaulle. Tout en s’excusant, le conseiller spécial reprend son attaché-case qui, mal fermé, s’ouvre sur les pieds de l’amiral...
     
    Inculpation de François Léotard, cette fois !
    18 juillet
    Hier, dans Le Monde , article de Jack Lang : celui que n’a pas voulu écrire Michel Vauzelle. Lang répond à l’article publié par Thierry Jean-Pierre l’avant-veille, dont m’avait parlé Vauzelle.
    « L’article de Thierry Jean-Pierre, accuse Jack Lang, donne lefâcheux sentiment que certains magistrats, heureusement minoritaires, ne craignent plus de se transformer en justiciers politiques pour régler des comptes personnels... Un certain fanatisme idéologique n’est pas compatible avec la sérénité de la justice. »
    Il est vrai que la question peut être posée. Car ce sont les juges qui téléphonent aux journalistes, j’en sais quelque chose ! Ce sont eux qui dénoncent le pouvoir en place ! Le font-ils uniquement parce qu’ils savent que, s’ils n’en parlaient pas eux-mêmes, les affaires seraient bien vite étouffées ? Le font-ils hors de toute conviction politique ? J’en doute...
     
    Étrange procès, tout de même, que celui fait à François Mitterrand à l’occasion du 50 e  anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv. On l’accuse en quelque sorte de ne pas présenter lui-même ses excuses à la communauté juive. Je ne vois pas pourquoi ce serait à lui de le faire !
    En revanche, il me semble qu’on ne peut pas considérer Vichy comme une parenthèse dans notre histoire : après tout, c’est la Chambre issue du Front populaire qui a donné les pleins pouvoirs à Pétain.
    Une autre dimension, en réalité, vient alourdir le débat : lorsque le Président parle de Vichy, de Bousquet, de tous ses copains de la Cagoule, de François Dalle à Eugène Schueller, on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment plus qu’ambigu.
    Pour le reste, je trouve inadmissible cette espèce de terrorisme verbal visant à obtenir qu’il s’excuse. Je dis ici avec des mots anodins ce que Robert Badinter a hurlé, l’autre jour, après que Mitterrand eut été hué au Vel’ d’Hiv.
     
    À l’antenne, tout de suite après cette cérémonie houleuse, Simone Veil parle du Vel’ Juif au lieu du Vel’ d’Hiv !
    20 juillet
    Je reviens tardivement sur le 14 Juillet dernier. Après son interview télévisée, Mitterrand nous a parlé de la Yougoslavie. Il n’est pas mécontent de son coup à Sarajevo, et se paie le luxe, une fois n’est pas coutume, de féliciter le grand reporter de TF1 qui l’a accompagné, Maurice Olivari. « Quel cran, dit-il, il était debout, sur l’aéroport bombardé, très grand, très en vue. Moi, au moins, j’étaisprotégé ; lui, pas du tout ! Il n’a pas bronché, il m’a fait peur, savez-vous ! »
    Nous lui demandons son avis sur la situation à Sarajevo.
    « Il n’y a rien à faire, nous dit-il, ils boivent comme des trous. Et ils ont des armes. Alors, ils tirent ! D’ailleurs, ajoute-t-il, ils ne savent même pas pourquoi, ni contre qui ils tirent. Pensez : qui donc attaquait l’aéroport, pendant que j’y étais ? Les Bosniaques ? c’est pour eux que j’étais là. Alors... » (Geste fataliste.)
    21 juillet
    Simone Veil, avec qui je déjeune place de la Madeleine, réagit vivement quand j’évoque l’initiative prise par Mitterrand après la chute du mur de Berlin : celle de faire, avec les pays tout juste sortis du rideau de fer, une « grande confédération ».
    « C’était stupide, me dit-elle. Voué à l’échec, le type même de la mauvaise idée ! »
    Elle est en revanche favorable à l’adoption du traité de Maastricht qui lui paraît être « l’accompagnement politique minimum de l’Acte unique, essentiellement d’ordre économique. »
    22 juillet
    Pierre Bénichou 38 , du Nouvel Obs , me raconte cette histoire, qui date d’une vingtaine d’années, sur Mitterrand. Il avait

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