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Les Piliers de la Terre

Les Piliers de la Terre

Titel: Les Piliers de la Terre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Ken Follett
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travail. Elle trouva Tom dans sa
cabane. « Est-ce que Jack est revenu ? » demanda-t-elle, pleine
d’espoir.
    Tom secoua
la tête. « Pas encore. »
    En
sortant, elle croisa le maître charpentier, l’air soucieux. « Tous les
marteaux ont disparu, dit-il à Tom.
    — C’est
drôle, remarqua Tom. Je cherchais moi-même un marteau et je n’ai pu en trouver
un seul. »
    Alfred
passa la tête par l’entrebâillement de la porte et dit : « Où sont
tous les maillets des maçons ? »
    Tom se
gratta la tête. « On dirait que tous les marteaux du chantier se sont
volatilisés », dit-il, perplexe. Puis son expression changea. « Je
parie que Jack est derrière tout ça. »
    Bien sûr,
songea Aliena. Les marteaux. Le foulage. Le moulin. Sans dire ce qu’elle
pensait, elle quitta la cabane de Tom, traversa hâtivement l’enclos du prieuré
jusque vers l’endroit où un canal dérivé de la rivière actionnait les deux
moulins, l’ancien et le tout nouveau. Comme elle l’avait deviné, la roue du
vieux moulin tournait. Elle entra. Ce qu’elle vit tout d’abord la déconcerta et
l’effraya. Une rangée de marteaux était alignée, fixés sur une perche
horizontale. Apparemment de leur propre initiative, ils levaient la tête, comme
des chevaux devant leur mangeoire, puis ils retombaient tous ensemble et
frappaient simultanément en produisant un fracas assourdissant. Ellen poussa un
cri de surprise. Les marteaux levèrent la tête, comme s’ils l’avaient entendue,
puis frappèrent de nouveau. Ils martelaient une longueur de son tissu baignant
dans un pouce ou deux d’eau au fond d’une auge de bois dont se servaient les
fabricants de mortier sur le chantier. En fait, les marteaux étaient en train
de fouler le tissu ! Mais comment fonctionnaient-ils ? La perche à
laquelle étaient fixés les marteaux se déplaçait parallèlement à l’axe de la
roue du moulin ; une planche fixée à l’axe tournait en même temps que
celui-ci et poussait les manches des marteaux si bien que, par contrecoup, les
têtes se relevaient. La planche, continuant son mouvement de rotation, libérait
les manches. Alors les marteaux s’abaissaient et venaient frapper le tissu dans
l’auge. Jack avait réussi son impossible pari : le foulage du tissu par la
mécanique du moulin.
    Elle
entendit sa voix. « Les marteaux doivent être alourdis pour frapper avec
plus de force. » Enfin elle le vit, épuisé et triomphant.
    « Je
crois que j’ai résolu votre problème, dit-il avec un sourire timide.
    — Je
suis si heureuse ! Tout le monde se faisait un terrible souci. Tu nous as
valu une belle angoisse », s’écria-t-elle. Sans réfléchir, elle lui jeta
les bras autour du cou et l’embrassa. Ce fut un baiser très bref, à peine
effleuré. Mais dans le mouvement Jack enlaça la taille d’Aliena, la serrant
doucement contre lui. Une seule pensée occupait son esprit : il était sain
et sauf. Elle le regarda dans les yeux et une vague d’émotion la saisit. Tout
son corps réagissait au contact du jeune homme.
    « Vous
vous inquiétiez pour moi ? demanda-t-il avec étonnement.
    — Je
n’ai pas dormi de la nuit… », dit-elle avec un sourire.
    Soudain
Jack eut l’air profondément grave. Aliena sentait son cœur battre et son
souffle s’accélérer. Derrière elle, les marteaux frappaient à l’unisson,
ébranlant à chaque coup la structure de bois du moulin et elle avait
l’impression de sentir la vibration au plus profond d’elle-même.
    « Je
vais bien, dit-il. Tout va bien.
    — Je
suis si heureuse », répéta-t-elle dans un murmure.
    Elle vit
le visage de Jack se pencher vers le sien, elle sentit le contact de leurs deux
bouches. Son baiser était très doux. Il avait des lèvres pleines et une barbe
légère d’adolescent. Elle ferma les yeux pour mieux savourer cette sensation.
Elle entrouvrit les lèvres, leurs langues se rencontrèrent. Aliena aurait voulu
crier de joie. Elle se blottit contre le corps de Jack, pressant sa douce
poitrine contre son torse musclé, son ventre contre ses hanches dures. Le
soulagement de l’avoir retrouvé laissait place à un flot de sensations
nouvelles. La proximité du corps de Jack l’emplissait d’une sorte d’extase qui
l’étourdissait. Elle lui caressa le dos. Elle aurait voulu toucher sa peau nue,
elle aurait voulu être nue aussi. Sans réfléchir, elle darda sa langue entre
les lèvres de Jack, qui poussa un gémissement de

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