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La Jolie Fille de Perth (Le Jour de Saint-Valentin)

La Jolie Fille de Perth (Le Jour de Saint-Valentin)

Titel: La Jolie Fille de Perth (Le Jour de Saint-Valentin) Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Walter Scott
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solitude la plus belle fille d’Écosse. – Ici tout est pénitence et contrainte, là tout sera joie et liberté.
    – Tu l’emportes, mon sage conseiller ; mais fais bien attention que ce sera la dernière de mes folies.
    – Je l’espère ainsi ; car quand vous serez en liberté vous pourrez entrer en arrangement avec votre père.
    – Je vais lui écrire, Ramorny. – Avance-moi cette écritoire. – Non, je ne puis mettre mes pensées en ordre. – Écris toi-même.
    – Votre Altesse royale oublie… dit Ramorny en montrant son bras mutilé.
    – Ah ! cette maudite main ! – Que ferons-nous donc ?
    – Si c’était le bon plaisir de Votre Altesse, elle pourrait employer la main du médecin Dwining. – Il écrit comme un clerc.
    – Connaît-il les circonstances ? en a-t-il quelque idée ?
    – Il sait tout, répondit Ramorny ; et s’approchant de la fenêtre il appela Dwining qui était resté dans la barque.
    Dwining s’avança vers le prince avec autant de circonspection que s’il eût marché sur des œufs, les yeux baissés et tout son corps semblant encore se rapetisser par suite d’une crainte respectueuse.
    – Tenez, l’ami, dit le prince, voici tout ce qu’il faut pour écrire ; je vais mettre vos talens à l’épreuve. – Vous savez ce dont il s’agit. – Exposez ma conduite à mon père sous un jour favorable.
    Dwining s’assit, et en quelques minutes écrivit une lettre qu’il remit à sir John Ramorny.
    – Sur ma foi ! le diable t’a aidé, Dwining, dit le chevalier. Écoutez, milord. « – Mon père respecté et mon souverain seigneur, apprenez que des considérations importantes me portent à quitter votre cour, ayant dessein de fixer mon séjour à Falkland, tant parce que ce château appartient à mon cher oncle Albany, avec lequel je sais que Votre Majesté désire que je me conduise avec toute la familiarité de l’affection, que parce que c’était la résidence d’une personne dont j’ai été séparé trop long-temps et à qui je me hâte de porter les vœux de la plus vive tendresse, à compter de ce jour. »
    Le duc de Rothsay et Ramorny partirent d’un éclat de rire, et Dwining, qui avait écouté son ouvrage comme si c’eût été sa sentence de mort, encouragé par leurs applaudissemens, leva les yeux, fit entendre à demi-voix son exclamation de plaisir hé ! hé ! hé ! puis reprit sa gravité silencieuse, comme s’il eût craint d’avoir passé les bornes d’un humble respect.
    – Admirable, dit le prince, admirable ! le vieillard expliquera ces mots à la duchesse de Rothsay, comme on l’appelle. Dwining, tu devrais être a secretis de Sa Sainteté le pape, s’il est vrai, comme on le dit, qu’il ait quelquefois besoin d’un scribe en état de trouver un mot à double entente. Je vais signer cette lettre, et j’aurai le mérite de l’invention.
    – Et maintenant, milord, dit Ramorny après avoir cacheté la lettre qu’il laissa sur la table, ne voulez-vous pas monter sur la barque ?
    – Il faut attendre mon chambellan, mes habits, tout ce qui m’est nécessaire. Vous ferez bien aussi d’appeler mon écuyer tranchant.
    – Le temps presse, milord, et ces préparatifs ne feront que donner des soupçons. Vos officiers viendront vous rejoindre demain ; et pour aujourd’hui mes humbles services pourront vous suffire à table et dans votre appartement.
    – Pour cette fois, c’est toi qui oublies, dit le prince en lui touchant son bras blessé avec une badine qu’il tenait à la main. Souviens-toi donc que tu n’es en état ni de découper un chapon, ni d’attacher une aiguillette. Tu ferais, ma foi ! un joli valet de chambre, un excellent écuyer tranchant !
    Ramorny frémit de rage et de crainte ; car sa blessure était encore si sensible, qu’il suffisait qu’il vît un doigt se diriger vers son bras pour le faire trembler.
    – Plaît-il à Votre Altesse de sortir ?
    – Non pas sans prendre congé du lord-connétable. Rothsay ne doit pas sortir de la maison du comte d’Errol comme un voleur qui s’enfuit de prison. Priez-le de venir ici.
    – Cela peut être dangereux pour nos projets, milord.
    – Au diable le danger, tes projets et toi-même ! je veux agir et j’agirai à l’égard d’Errol d’une manière digne de lui et de moi.
    Le comte, averti des désirs du prince, ne tarda pas à se présenter.
    – Je vous ai donné la peine de venir ici, milord, dit Rothsay avec cet air de

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