Bücher online kostenlos Kostenlos Online Lesen
Les Piliers de la Terre

Les Piliers de la Terre

Titel: Les Piliers de la Terre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Ken Follett
Vom Netzwerk:
détourna la tête, comme gêné d’avoir
été surpris à la regarder. Drôle de garçon, plein d’idées et
d’imagination ! Aliena se souvenait encore de lui quand il n’était qu’un
petit enfant un peu bizarre, qui posait toujours d’étranges questions.
Aujourd’hui il semblait si différent qu’on l’aurait cru venu de nulle part,
comme une fleur qui apparaît un matin là où la veille il n’y avait que terre
nue. Tout d’abord, il avait embelli. En fait, songea-t-elle avec un petit
sourire amusé, les filles le trouvaient sans doute très beau garçon. Il avait
un sourire irrésistible. De plus, il était intelligent, brillant, original.
Elle avait découvert que non seulement il connaissait plusieurs récits en
entier – dont certains de plusieurs milliers de vers –, mais il était capable
aussi d’en inventer lui-même, si bien qu’elle ne savait jamais s’il récitait ou
s’il improvisait. Il était curieux de tout, intrigué par des choses que les
autres tenaient pour acquises. Un jour il lui avait demandé d’où venait l’eau
de la rivière. « Chaque seconde, des milliers de gallons d’eau passent par
Kingsbridge, jour et nuit, mois après mois, année après année, depuis toujours,
avant la naissance de nos parents, avant celle des parents de nos parents. D’où
vient-elle ? Y a-t-il quelque part un énorme lac qui alimente la
rivière ? Il faudrait qu’il soit aussi grand que toute l’Angleterre !
Et s’il s’asséchait ? » Voilà le genre de questions qu’il posait, et
d’autres plus fantaisistes. Aliena adorait les conversations avec Jack. La
plupart des habitants de Kingsbridge ne pouvaient parler que d’agriculture et
d’adultère, deux sujets qui ne l’intéressaient pas plus l’un que l’autre – sauf
le prieur Philip, bien sûr, mais il ne bavardait pas souvent, toujours occupé
avec le chantier, les moines ou le marché. Aliena soupçonnait Tom le bâtisseur
d’être lui aussi d’une grande intelligence, mais il pensait plus qu’il ne
parlait. Malgré sa jeunesse, Jack était une merveilleuse découverte. En fait, quand
elle s’absentait de Kingsbridge, elle s’était surprise plus d’une fois à
attendre avec impatience le moment de rentrer pour le retrouver.
    De Jack,
sa pensée vint à Ellen. Quelle étrange femme elle devait être, elle qui avait
élevé son enfant dans la forêt !
    Après
avoir un peu parlé avec elle. Aliena lui avait trouvé un esprit du même genre
que son fils. Ellen était une femme indépendante, qui en voulait à la vie de la
façon dont elle l’avait traitée.
    Sur la
lancée de ses réflexions Aliena se tourna vers elle et lui demanda :
« Vous, Ellen, où avez-vous appris les histoires que raconte votre
fils ?
    — Du
père de Jack », répondit-elle spontanément. Puis une expression méfiante
se peignit sur son visage et Aliena comprit qu’elle ne devait pas aller plus
loin. Elle changea de sujet. « Savez-vous filer ?
    — Bien
sûr, tout le monde sait, non ?
    — Aimeriez-vous
le faire pour de l’argent ?
    — Peut-être.
A quoi pensez-vous ? »
    Aliena
expliqua son idée. Ellen n’était pas à court d’argent, bien sûr, mais c’était
Tom qui le gagnait et Aliena se doutait qu’Ellen aimerait bien en rapporter
elle-même.
    Cette
hypothèse se révéla justifiée. « Oui, j’essaierais bien », dit Ellen.
    Alfred, le
beau-fils d’Ellen, arrivait. Comme son père, c’était une sorte de géant. Son
visage se dissimulait derrière une barbe en broussaille, ses yeux rapprochés
lui donnaient un air rusé. Il savait lire, écrire et compter, mais sans plus.
Devenu maçon, il avait sa propre équipe de compagnons et d’apprentis. Alfred
bénéficiait d’un avantage spécial : son père étant le maître bâtisseur de
la cathédrale de Kingsbridge, il était toujours sûr de trouver du travail pour
ses hommes.
    Il s’assit
sur l’herbe près des deux femmes. Ses pieds énormes étaient chaussés de lourdes
bottes de cuir, grises de poussière. Il parlait rarement et Aliena ne cherchait
pas à entrer en conversation avec lui : il semblait plutôt ennuyeux.
    Comme pour
lui-même, Alfred marmonna : « Il devrait y avoir une église en
pierre. »
    Il suivait
une pensée qu’il était seul à connaître. Aliena réfléchit un moment puis
demanda : « Vous parlez de l’église paroissiale ?
    — Oui »,
dit-il comme si c’était évident.
    L’église
paroissiale servait

Weitere Kostenlose Bücher