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L'Eté de 1939 avant l'orage

L'Eté de 1939 avant l'orage

Titel: L'Eté de 1939 avant l'orage Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Jean-Pierre Charland
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droite La Nation , acceptait des subsides de l’Allemagne nazie. Depuis, celui-ci se défendait en attaquant le Parti de l’Unité nationale et son chef, qu’il présentait invariablement comme le «pontifesse». Au fond, le scribouillard de Québec tentait de se disculper des accusations portées contre lui en chargeant à son tour le journaliste de Montréal.
    â€” Il touche un salaire à titre de chef du parti, un autre en tant que rédacteur du journal Le Combat national . Quelques autres personnes gagnent aussi leur vie grâce au parti.
    â€” L’argent vient de la vente du périodique et des brochures antisémites?
    â€” Non, ces opérations se révèlent déficitaires. Je ne prends pas trop au sérieux les affirmations relatives à un tirage de quatre-vingt mille copies. Puis vous savez, les marchands ne paient pas bien cher pour les publicités où ils affirment ne recevoir que des Aryens dans leur commerce.
    â€” Les cotisations des membres, alors?
    â€” Ceux-ci sont pauvres et peu nombreux.
    Renaud se lassait de devoir soutirer chaque information de son compagnon. Sa voix trahit une certaine impatience quand il demanda:
    â€” Alors dites-moi d’où provient l’argent!
    â€” … La réponse n’est pas si simple. Je connais un médecin qui contribue généreusement. Vous allez d’ailleurs voir cet homme ce soir. Mais puise-t-il vraiment dans sa poche, ou ses largesses viennent-elles de mystérieux donateurs? Je ne le sais pas.
    â€” Certains prétendent que le Parti conservateur alimente les coffres d’Arcand.
    â€” J’ai entendu aussi cette rumeur, et même le chiffre de 50 000 $. Mais pourquoi ferait-il cela? Le Parti de l’Unité nationale ne prend certainement pas ses militants chez les libéraux. Il me semblerait autrement plus productif pour les conservateurs de supporter l’Union nationale.
    â€” Ce que le Parti conservateur réalise assurément, convint l’avocat.
    Comme le Parti conservateur du Canada recevait peu de sympathie au Québec, la meilleure stratégie qui s’offrait à lui était sans doute de contribuer financièrement à toutes les entreprises susceptibles de gruger les appuis du Parti libéral.
    Cela allait des mouvements nationalistes jusqu’à l’organisation dirigée par Maurice Duplessis. Toutefois, de là à soutenir les nazis, il y avait un gouffre.
    â€” Un financement venu d’Allemagne, alors? insista Renaud.
    â€” Cette rumeur-là aussi, je l’ai entendue. Je ne peux cependant pas vous dire si elle est fondée.
    En fait, cet informateur-là ne semblait pas posséder beaucoup d’informations! Sans doute vaudrait-il la peine d’aborder le sujet avec Samuel Bronfman: cet homme devait pouvoir suivre le trajet de l’argent mieux que quiconque.
    Vers dix-neuf heures trente, Alfred Côté stationnait sa voiture dans une petite rue discrète en périphérie du village.
    Déjà vêtu de son uniforme noir, il se dirigea d’un pas rapide vers la salle paroissiale. Renaud quant à lui prendrait son temps et arriverait tout juste au moment où commencerait le premier discours. Comme cela, il risquait peu de se trahir par des conversations avec d’autres spectateurs.

    Alors que Nadja et Fran s’amusaient à se faire peur dans une petite embarcation à peu de distance de la rive du lac, Virginie se laissait bercer dans le hamac. Comme sa fille quelques jours plus tôt, elle perçut un bruit derrière la haie, chercha l’ouverture dans les buissons jusqu’à découvrir sa voisine assise sur une chaise Adirondack, un livre à la main.
    â€” Madame Bielfeld, je présume, dit-elle assez fort pour être entendue.
    Dans la cour à côté, une femme pas très grande, les cheveux bruns coupés assez courts comme le voulait la mode, la mi-trentaine, sursauta au son de sa voix, puis se leva pour s’avancer vers elle.
    â€” Je m’excuse de vous déranger. Je voulais juste me présenter. Virginie Daigle, la mère de Nadja.
    Sur ces mots, elle tendit la main au-dessus de la haie.
    â€” Myra Bielfeld, la mère de Frania.
    â€” Je crois que ma fille vous a un peu envahie ces derniers jours. N’hésitez pas à lui dire de revenir à la maison si elle exagère.
    â€” Mais non, ne vous inquiétez

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