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Don Juan

Don Juan

Titel: Don Juan Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Michel Zévaco
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gentilshommes et vit alors que Maugency ouvrait la grille.
    – Que fais-tu ! dit-il. Dégainons ici !
    Maugency haussa les épaules.
    – Le roi m’a fait remettre cette clef. C’est un ordre. Le combat aura lieu dans le domaine. Assez de folies, Loraydan ! Tiens-toi en gentilhomme, tiens-toi ! ou je me retire !
    Ils entrèrent, marchèrent droit sur l’hôtel d’Arronces qui semblait les regarder venir avec une sombre et mystérieuse curiosité, en firent le tour et s’arrêtèrent sous deux fenêtres jumelles qu’unissait plutôt qu’il ne les séparait un mince et élégant meneau. Sur ces vitraux enchâssés en la légère arabesque des mailles de plomb. Philippe de Ponthus et Roland de Maugency eurent un même regard pensif.
    – C’est ici la chapelle de l’hôtel d’Arronces, dit Maugency d’une voix bizarre.
    – C’est ici que repose Agnès de Sennecour, renvoya Philippe de Ponthus en écho de lointains souvenirs.
    – Dégainons ! Dégainons ! coupe Loraydan.
    Les quatre épées étincelèrent sous les pâles rayons de ce soleil d’hiver qui se levait sur Paris.
    Philippe de Ponthus et Roland de Maugency s’attaquèrent froidement et, eût-on dit, avec de la lassitude, ou peut-être un regret. En quelques instants, soit hasard des marches et ruptures, soit tacite connivence, ils se trouvèrent assez loin du groupe impétueux formé par Amauri de Loraydan et Clother de Ponthus.
    – Monsieur de Maugency, dit Philippe de Ponthus en poussant un coup droit, voulez-vous me dire pourquoi, tout à l’heure, vous n’avez cessé d’étudier le visage de mon fils ?
    – Monsieur de Ponthus, dit Maugency, qui vint à la parade, voulez-vous me permettre de vous dire que j’ignorais… oui, par le ciel, j’ignorais que vous eussiez un fils !… et de cet âge… Et de cette figure !…
    Machinalement, Philippe de Ponthus tourna la tête vers son fils… et il le vit qui mettait le pied sur l’épée de Loraydan tombée sur le sol… il sourit, salua Maugency et, joyeusement :
    – Vous avez vu ? Votre ami désarmé !… Vous ignoriez sans doute aussi que mon fils n’a pas son pareil pour faire sauter une épée ?
    Là-bas, Amauri de Loraydan râlait :
    – Désarmé ! Déshonoré !
    – Désarmé, oui. Déshonoré, non ! dit Clother avec une sincère politesse.
    – Achevez-moi ! Tuez-moi !…
    – Ramassez votre rapière !
    Loraydan, fébrile, saisit son épée, en fouetta l’air et retomba en garde. La générosité de son adversaire lui poignardait le cœur. Sa haine encore imprécise devint un de ces définitifs cancers d’âme sans guérison possible. Il attaqua. Sa reprise, calculée, savante, précise et serrée, fut un chef-d’œuvre de l’art. Sa lame, contre celle de Clother, eut de rapides et secs cliquetis, et, tout à coup, il partit en grondant une imprécation. Dans le même instant, la rapière de Clother lui cingla la main d’un coup de fouet qui se traça en une longue ligne rouge… ses doigts s’ouvrirent… le fer, une fois encore lui échappa…
    – Je pourrais vous tuer, dit Clother, mais…
    Mais un soupir, un long soupir, un double râle, à ce moment, s’éleva derrière lui. Un sursaut le retourna… et il bondit, il se rua vers Philippe de Ponthus qui s’affaissait près de Maugency étendu sur le sol, les yeux vitreux… tous deux avaient la poitrine trouée… C’était le même coup fourré qui, jadis, les avait couchés à cette même place. Seulement, cette fois, le coup était mortel.
    Maugency, sur qui Loraydan vint se pencher, n’avait plus besoin de secours : dans le râle qu’avait entendu Clother, il venait d’exhaler son dernier souffle. Maugency jamais, vous n’avez pu dire au roi François quelles étranges pensées s’étaient levés dans votre esprit alors qu’avec tant d’attention vous analysiez les traits de Clother de Ponthus ! Votre soupçon, vous veniez de le confier à la mort, la seule confidente, qui sache garder un secret !…
    Clother s’agenouilla, saisit dans ses mains tremblantes la tête de son père, et murmura :
    – Monsieur… monsieur… êtes-vous sérieusement touché ?… parlez-moi… regardez-moi…
    Philippe de Ponthus ouvrit les yeux et eut pour son fils un long regard de tendresse…
    – Il faut, balbutia-t-il avec effort, il faut me transporter à la maison… vite !… J’ai à te parler !… et par ma foi… je sens que je m’en vais !…
    Clother se releva. Il

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