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La pierre et le sabre

La pierre et le sabre

Titel: La pierre et le sabre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Eiji Yoshikawa
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dit Kizaemon en riant. Tu es loyal... Tu as bien
dit que tu allais au Hōzōin, n’est-ce pas ? Ton maître s’y
trouve ?
    — Je n’en suis pas sûr ;
mais il a dit que si j’y allais, on me dirait où il est.
    — Quel style pratique-t-il ?
    — Je ne sais pas.
    — Tu es son disciple, et tu
ne connais pas son style ?
    — Monsieur, intervint le
palefrenier, l’art du sabre est une marotte à notre époque ; tout le monde
et son frère voyagent pour l’étudier. N’importe quel jour de la semaine, sur
cette seule route, vous en rencontrez entre cinq et dix. Tout ça, parce qu’il y
a beaucoup plus de rōnins  qu’autrefois pour donner des leçons.
    — Je suppose que c’est en
partie vrai.
    — Ça les attire parce qu’ils
ont entendu dire que si quelqu’un est bon au sabre, tous les daimyōs se
bousculeront pour essayer de l’engager à quatre ou cinq mille boisseaux par an.
    — Un moyen rapide pour s’enrichir,
hein ?
    — Exact. C’est effrayant
quand on y pense. Quoi ! même ce gosse-là porte un sabre de bois. Il croit
sans doute qu’il lui suffit d’apprendre comment en frapper les gens pour
devenir un homme véritable. On en voit beaucoup comme ça, et ce qu’il y a de
triste, c’est qu’au bout du compte la plupart d’entre eux mourront de faim.
    Le sang de Jōtarō ne fit
qu’un tour.
    — Qu’est-ce que j’entends ?
Répétez ce que vous venez de dire !
    — Ecoutez-le ! Il a l’air
d’une puce qui porterait un cure-dent, mais il se prend déjà pour un grand
homme de guerre.
    Kizaemon riait.
    — Allons, Jōtarō,
ne te mets pas en colère, ou tu vas perdre à nouveau ton tube de bambou.
    — Non, je ne le perdrai pas !
Ne vous inquiétez pas pour moi !
    Ils continuèrent leur chemin ;
Jōtarō boudait en silence ; les autres regardaient le soleil se
coucher lentement. Bientôt, ils arrivèrent à l’embarcadère du bac de la rivière
Kizu.
    — C’est ici que nous te
quittons, mon garçon. Il fera bientôt nuit ; aussi, tu devrais te
dépêcher. Et ne perds pas de temps en route.
    — Et Otsū ? demanda
Jōtarō, croyant qu’elle viendrait avec lui.
    — Oh ! j’ai oublié de te
le dire, fit-elle. J’ai résolu d’accompagner ce monsieur au château de Koyagyū.
    Jōtarō parut consterné.
    — ... Prends bien soin de
toi, dit Otsū en souriant.
    — J’aurais dû me douter que
je finirais par me retrouver seul.
    Il ramassa une pierre, qu’il
envoya ricocher sur l’eau.
    — Oh ! nous nous
reverrons un de ces jours. Tu parais être un garçon de la route, et je voyage
beaucoup moi-même.
    Jōtarō ne semblait pas
vouloir bouger.
    — Qui donc est-ce que vous
recherchez au juste ? demanda-t-il. Quel genre de personne ?
    Sans répondre, Otsū lui fit
un signe d’adieu.
    Jōtarō courut le long de
la rive, et sauta en plein milieu du petit bac. Quand le bateau, rouge dans le
soleil couchant, fut à mi-chemin de la rivière, il regarda en arrière. A peine
s’il put distinguer le cheval d’Otsū et Kizaemon sur la route du temple de
Kasagi. Ils étaient dans la vallée, au-delà de l’endroit où la rivière s’étrangle
soudain, peu à peu dévorés par les premières ombres de la montagne.
     
     
     

Le Hōzōin
     
    Tous ceux qui étudiaient les arts
martiaux avaient entendu parler du Hōzōin. Pour un homme qui se
prétendait un étudiant sérieux, le citer comme un simple temple parmi d’autres
suffisait à le faire considérer comme un imposteur. Il était aussi bien connu
de la population locale ; pourtant, chose assez curieuse, rares étaient
ceux qui connaissaient le beaucoup plus important Reposoir de Shōsōin,
et sa collection sans prix d’objets d’art anciens.
    Le temple s’élevait sur la colline
Abura dans une épaisse et vaste forêt de cryptomerias. C’était juste le genre d’endroit
que pouvaient habiter les lutins. Là se trouvaient aussi des vestiges des
gloires de la période Nara – les ruines d’un temple, le Ganrin’in, et
des énormes bains publics édifiés par l’impératrice Kōmyō pour les
pauvres ; mais aujourd’hui, il n’en subsistait que les fondations qu’on
devinait à travers la mousse et les mauvaises herbes.
    Musashi n’eut aucune peine à se
faire indiquer la colline Abura ; mais une fois là, il regarda autour de
lui, désorienté, car beaucoup d’autres temples se nichaient dans la forêt. Les
cryptomerias, ayant survécu à l’hiver, avaient été baignés

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