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La pierre et le sabre

La pierre et le sabre

Titel: La pierre et le sabre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Eiji Yoshikawa
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ce
trajet...
    — Oui, bien sûr.
    — Vous avez dit que cela se
trouve derrière ce temple-ci. Vaut-il mieux passer par la gauche ou par la
droite ?
    — Ni l’une, ni l’autre. Vous
aurez beaucoup plus vite fait de traverser tout droit notre temple. Vous ne
pouvez pas vous tromper.
    Musashi, l’ayant remercié, dépassa
les cuisines du temple vers l’arrière de l’enceinte, laquelle avec son bûcher,
un magasin à vivres et un jardin potager d’environ un arpent, ressemblait fort
à une cour de ferme cossue. Au-delà du jardin, il vit le Hōzōin.
    Tandis qu’il foulait le sol meuble
entre des rangs de colza, de radis et de ciboule, il remarqua d’un côté un
vieil homme en train de sarcler. Courbé sur sa houe, il en considérait le fer
avec intensité. Musashi ne voyait de sa face qu’une paire de sourcils neigeux,
et si l’on exceptait le heurt de la houe contre les cailloux, le silence était
complet.
    Musashi se dit que le vieillard
devait être un moine de l’Ozōin. Il ouvrit la bouche pour lui parler, mais
l’homme était si absorbé dans son travail qu’il paraissait grossier de le
déranger.
    Pourtant, comme il le dépassait en
silence, il s’aperçut soudain que le vieux fixait du coin de l’œil les pieds de
Musashi. Bien que l’autre ne bougeât ni ne parlât, Musashi se sentait attaqué
par une force terrifiante – une force pareille à l’éclair qui déchire
les nuées. Il ne s’agissait pas là d’un songe éveillé. Il sentait véritablement
la force mystérieuse lui percer le corps ; épouvanté, il sauta en l’air.
Il brûlait de la tête aux pieds comme s’il venait d’éviter de justesse le coup
mortel d’un sabre ou d’une lance.
    Regardant par-dessus son épaule,
il constata que le bossu se trouvait toujours tourné vers lui ; la houe continuait
son va-et-vient ininterrompu. Que signifiait donc toute cette histoire ?
se demanda-t-il, ébahi par la force qui l’avait frappé.
    Il se retrouva devant le Hōzōin,
sa curiosité intacte. En attendant qu’un serviteur se présentât, il songeait :
« Inshun devrait être encore un jeune homme. Le moine disait qu’In’ei
était sénile et qu’il ne se rappelait plus rien de la lance, mais je me
demande... » L’incident du jardin restait gravé à l’arrière-plan de sa
pensée.
    Il appela encore à deux reprises,
fortement, mais seul lui répondit l’écho des arbres environnants. Il remarqua
un vaste gong, à côté de l’entrée, et le frappa. Presque aussitôt, on lui répondit
des profondeurs du temple.
    Un prêtre vint à la porte. Il
était fort et musclé ; eût-il été l’un des prêtres-guerriers du mont Hiei,
il aurait bien pu commander un bataillon. Habitué à recevoir jour après jour
des gens tels que Musashi, il lui jeta un bref coup d’œil et dit :
    — Vous êtes un shugyōsha  ?
    — Oui.
    — Quel est le motif de votre
visite ?
    — Je voudrais rencontrer le
maître.
    Le prêtre dit : « Entrez »
et fit un geste vers la droite de la porte, conseillant indirectement à Musashi
de se laver les pieds au préalable. Il y avait là un tonneau qui débordait de l’eau
fournie par un tuyau de bambou, et, en désordre, une dizaine de paires de
sandales usées et sales.
    Musashi suivit le prêtre le long d’un
large corridor sombre, et fut introduit dans une antichambre. Là, on lui dit d’attendre.
Une odeur d’encens flottait dans l’air ; par la fenêtre, Musashi voyait
les larges feuilles d’un bananier. Hormis les façons désinvoltes du géant qui l’avait
introduit, rien ne trahissait quoi que ce fût d’insolite.
    Le prêtre revint, lui tendit un
registre et un encrier, et lui dit :
    — ... Inscrivez votre nom, où
vous avez travaillé, et quel style vous pratiquez.
    Il parlait comme un maître à un
enfant.
    Le registre avait pour titre :
« Listes des personnes venues étudier dans ce temple. Régisseur de l’Hōzōin. »
Musashi ouvrit le livre et parcourut les noms, chacun inscrit à la date où le samouraï
ou l’étudiant s’était présenté. En copiant la manière de la dernière
inscription, il nota les renseignements demandés mais omit le nom de son
maître.
    Le prêtre, bien entendu, s’intéressait
surtout à cela.
    La réponse de Musashi était
essentiellement celle qu’il avait donnée à l’Ecole Yoshioka. Il avait pratiqué
l’usage du bâton sous les ordres de son père, « sans y travailler très dur ».
Depuis qu’il

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