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La pierre et le sabre

La pierre et le sabre

Titel: La pierre et le sabre Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Eiji Yoshikawa
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oui ou non ?
    — J’ai peur ! Je ne veux
pas mourir !
    De ses mains tremblantes, il
essayait sans cesse de tirer Musashi par la manche.
    — ... Pensez à moi !
suppliait-il. Je vous en prie, allons-nous-en pendant qu’il est encore temps !
    — En parlant comme ça, tu me
donnes envie de fuir, à moi aussi. Tu n’as pas de parents pour s’occuper de
toi, tout comme moi quand j’avais ton âge. Mais...
    — Alors, venez. Qu’est-ce que
nous attendons ?
    — Non !
    Musashi se tourna vers lui, et,
campé sur ses jambes largement écartées, le regarda droit dans les yeux :
    — ... Je suis un samouraï. Tu
es un fils de samouraï. Nous ne fuirons pas.
    Devant le ton sans réplique de
Musashi, Jōtarō céda et s’assit ; des larmes sales lui coulaient
sur la figure tandis qu’il frottait avec ses mains ses yeux rougis et gonflés.
    — ... Ne t’inquiète pas !
dit Musashi. Je n’ai aucune intention de perdre. Je vais gagner ! Alors,
tout ira bien, n’est-ce pas ?
    Ce discours ne réconforta guère Jōtarō.
Il n’en croyait pas un mot. Sachant que les lanciers du Hōzōin
étaient plus de dix, il doutait que Musashi, compte tenu de sa réputation de faiblesse,
pût les battre un par un, sans parler de les vaincre tous à la fois.
    Musashi, quant à lui, commençait
de perdre patience. Il aimait bien Jōtarō, il avait pitié de lui,
mais ce n’était pas le moment de penser aux enfants. Les lanciers se trouvaient
là dans une seule intention : le tuer. Il devait être prêt à les affronter.
Jōtarō commençait à l’exaspérer.
    Sa voix se fit tranchante :
    — ... Arrête de pleurnicher !
Si tu te conduis comme ça, jamais tu ne seras un samouraï. Pourquoi ne
retournerais-tu pas tout bonnement chez le marchand de saké ?
    Sans trop de douceur, il repoussa
l’enfant.
    Jōtarō, piqué au vif,
cessa de pleurer et se releva, l’air surpris. Il regarda son maître s’éloigner
à grands pas vers la colline de Hannya. Il avait envie de le rappeler mais se
domina. Il s’efforça plutôt de garder le silence durant plusieurs minutes.
Après quoi, il s’accroupit sous un arbre proche, se plongea la figure dans les
mains, et grinça des dents.
    Musashi ne regarda pas en arrière,
mais les sanglots de Jōtarō lui résonnaient aux oreilles. Il avait l’impression
de voir avec sa nuque le pauvre petit garçon effrayé, et il regrettait de l’avoir
amené avec lui. Devoir s’occuper de soi-même était déjà trop ; encore
immature, ne pouvant compter que sur son sabre, ignorant totalement ce que le
lendemain lui apporterait, qu’avait-il à faire d’un compagnon ?
    Les arbres s’espaçaient. Il se
trouva sur une plaine dégagée, en réalité les premières pentes des montagnes
lointaines. Sur la route qui bifurquait vers le mont Mikasa, un homme leva la
main en guise de salut.
    — Hé, Musashi ! Où donc
allez-vous comme ça ?
    Celui-ci reconnut l’homme qui
venait vers lui ; c’était Yamazoe Dampachi. Musashi eut beau sentir aussitôt
que l’autre avait pour objectif de le faire tomber dans un piège, il le salua
cordialement.
    Dampachi lui dit :
    — ... Content de vous
rencontrer. Je tiens à ce que vous sachiez combien je regrette l’affaire de l’autre
jour.
    Le ton de sa voix était trop poli,
et tout en parlant il examinait visiblement avec une grande attention le visage
de Musashi.
    — ... J’espère que vous l’oublierez.
Tout ça n’était qu’un malentendu.
    Dampachi lui-même ne savait trop
que penser de Musashi. Ce qu’il avait vu au Hōzōin l’avait fort
impressionné. Cette simple idée lui donnait des frissons dans le dos. Quoi qu’il
en soit, Musashi n’était encore qu’un rōnin de province, qui ne pouvait
avoir plus de vingt et un ou vingt-deux ans, et Dampachi se trouvait loin d’être
disposé à admettre qu’un homme de cet âge et de ce rang pût lui être supérieur.
    — ... Où allez-vous ?
demanda-t-il à nouveau.
    — J’ai l’intention de passer
par Iga pour rejoindre la grand-route d’Ise. Et vous ?
    — Oh ! j’ai affaire à
Tsukigase.
    — Ce n’est pas loin de la
vallée de Yagyū, n’est-ce pas ?
    — Non, pas loin.
    — C’est là que se trouve le
château du seigneur Yagyū, n’est-ce pas ?
    — Oui, il est très près du
temple appelé Kasagidera. Vous devriez y aller un jour. Le vieux seigneur,
Muneyoshi, vit retiré, en maître du thé, et son fils, Munedori, se trouve à
Edo, mais allez

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