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Taï-pan

Taï-pan

Titel: Taï-pan Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: James Clavell
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ils vont rançonner les marchands et y aura bientôt plus de commerce. »
    Le général épousseta un brin de tabac imaginaire sur sa tunique écarlate et grommela d’un air maussade :
    « Manifestement, cette affaire est du ressort de l’armée, Votre Excellence. Pourquoi ne pas rédiger une proclamation les mettant hors la loi ? Nous ferons le reste. À savoir, nous appliquerons les principes que nous avons appris aux Indes. Nous offrirons une récompense à ceux qui nous apporteront des renseignements. Les indigènes sont toujours prêts à vendre leurs factions rivales pour une guinée. Nous ferons un exemple avec la première douzaine et ensuite vous n’aurez plus d’ennuis.
    — Vous ne pouvez pas appliquer les principes des Indes ici, lui dit Struan.
    — Mon cher monsieur, vous ne connaissez rien à l’administration. Vous n’avez aucune expérience et donc vous ne pouvez avancer une opinion. Les indigènes sont des indigènes et voilà tout. C’est du ressort des militaires, Excellence. Comme Hong Kong sera bientôt un cantonnement militaire, cela nous regarde. Proclamez ces gens hors la loi et nous veillerons à ce que justice soit faite. »
    L’amiral renifla bruyamment.
    « J’ai dit mille fois que Hong Kong devrait être placé sous l’autorité de la marine. Si nous ne commandons pas les routes maritimes, il n’y aura pas de Hong Kong. Par conséquent, l’affaire est du ressort de la Royal Navy.
    — L’armée décide de l’issue des guerres, amiral, je l’ai répété assez souvent. Les batailles terrestres règlent les guerres. La marine a indiscutablement écrasé les flottes de Bonaparte et affamé la France. Mais c’est quand même l’armée qui a mis fin au conflit une fois pour toutes. À Waterloo.
    — Sans Trafalgar, il n’y aurait pas eu de Waterloo.
    — Un point discutable, mon cher amiral. Mais prenez l’Asie. Bientôt, nous aurons sur le dos les Français, les Hollandais, les Espagnols et les Russes qui nous disputeront notre légitime puissance sur mer. Oui, vous pouvez commander les routes maritimes, et grâce à Dieu vous le faites, mais si Hong Kong n’est pas militairement imprenable, l’Angleterre n’aura pas de base pour protéger sa flotte ou pour se défendre de l’ennemi.
    — La fonction primordiale de Hong Kong, milord, est d’être un comptoir commercial en Asie, intervint Struan.
    — Oh ! je comprends l’importance du commerce, mon bon ami, répliqua avec hauteur le général, mais nous parlons stratégie et cela ne vous concerne guère.
    — S’il n’y avait pas le commerce, protesta rageusement Brock, on n’aurait besoin ni d’armées ni de flotte.
    — Sornettes, mon brave homme. Je vous ferai savoir…
    — Stratégie ou non, cria Struan, Hong Kong est une colonie et dépend des Affaires étrangères, et c’est la Couronne qui décidera. Son Excellence a agi sagement en cette affaire et je suis sûr qu’il estime que la Royal Navy et les armées de la reine ont leur importance pour l’avenir de Hong Kong, qui sera à la fois, une base navale, une base militaire et un comptoir commercial. »
    Il donna discrètement un coup de pied sous la table à Brock qui renchérit aussitôt :
    « Oh ! que oui ! Un port franc, ça amènera de l’or à la Couronne, ça, c’est sûr. Et des revenus pour la meilleure base navale et les meilleures casernes du monde. Son Excellence a vos intérêts à cœur, messieurs. L’armée est bien importante et la Royal Navy aussi. Un port franc rendra service à tout le monde. Et surtout à la reine, que Dieu la garde.
    — Très bien dit, monsieur Brock, déclara Longstaff. Naturellement, nous avons besoin de l’armée et de la marine. Le commerce est la sève de l’Angleterre et le libre-échange est l’avenir. Notre intérêt à tous est que Hong Kong soit prospère.
    — Son Excellence veut ouvrir l’Asie à toutes les nations civilisées, sans préférences, dit Struan en choisissant ses mots avec soin. Quoi de mieux qu’un port franc, protégé par l’élite des armes de la Couronne ?
    — Pas question de laisser des étrangers s’engraisser à nos dépens, s’écria l’amiral et Struan sourit de le voir mordre à l’hameçon. Nous combattons et nous sommes victorieux et nous devons nous battre encore parce que la paix est toujours malmenée dans les conférences des civils. À bas les étrangers, voilà mon opinion.
    — Un louable sentiment, amiral, dit Longstaff sur le

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