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Cahiers secrets de la Ve République: 1986-1997

Titel: Cahiers secrets de la Ve République: 1986-1997 Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Michèle Cotta
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partiellement publié dans Le Canard enchaîné et Le Monde . Il remet les affaires de financement du PS et de truquage des marchés publics à la une de l’information.
    37 - Le 24 septembre, François Mitterrand dit à la tribune de l’ONU : « Il n’y aura pas de compromis tant que l’Irak ne se ralliera pas aux vues du Conseil de Sécurité. »
    38 - Siège du ministère de l’Éducation nationale.
    39 - La motion de censure a obtenu 218 suffrages, la majorité requise étant de 289.

1991
    9 janvier
    Les conférences de presse de Mitterrand se suivent et se ressemblent. Même les vœux du Président aux journalistes, il y a quelques jours, n’ont été consacrés qu’au Golfe. Au Golfe et, je dois dire, aussi à Michel Rocard. La question le concernant n’a pas été posée tout de suite. La coutume veut qu’après les propos officiels du Président délivrés à la presse française et internationale, quelques journalistes triés sur le volet soient attirés dans un salon plus exigu, voisin de la salle des fêtes, pour bénéficier d’autres confidences, plus pointues, de Mitterrand.
    C’est justement pendant cette sorte de petite cérémonie adjacente aux vœux que la question a été posée : Rocard n’a-t-il pas intérêt à quitter Matignon dès maintenant ? Mitterrand a répondu par une pirouette : si Rocard veut partir, alors, bien sûr, le Président le laissera faire. Il n’a qu’à le lui demander.
    J’étais dans un coin du salon où Mitterrand a fait cette confidence, et je n’ai pas tout entendu. Le ton était plus parlant que les mots : il a ironisé, sans défendre une seconde le Premier ministre.
     
    Je reviens au Golfe. Maintenant, le terme de cette guerre des nerfs est connu : l’ultimatum de l’ONU est fixé au 15 janvier. D’ici là, Mitterrand occupe le terrain.
    Hier, il a reçu le secrétaire d’État américain, James Baker, pendant une heure et demie, avant que celui-ci ne rencontre, à Genève, Tarek Aziz 1 . « Nous sommes sur la même longueur d’onde », a-t-ilrésumé : l’évacuation du Koweït doit se faire avant le 15 janvier, dans le cadre de la stricte application de la résolution de l’ONU.
    Point de presse à l’Élysée aujourd’hui, le huitième depuis le début des opérations. Enfin, je ne devrais pas dire le « début des opérations », puisqu’elles n’ont précisément pas commencé.
    Lorsque Mitterrand parle, la rencontre Tarek Aziz/Baker se poursuit à Genève. Le Président consacre quelques minutes à expliquer qu’il est tenu au courant minute après minute de ce qui s’y passe. Mais, comment dire, on a l’impression qu’il « meuble », qu’il parle pour parler. Il évoque des « événements d’importance » qui peuvent se produire ; de la nécessité d’informer l’opinion ; il compte sur ses doigts les jours qui nous séparent du 15. Il laisse entendre que, « d’ici là, il peut y avoir des évolutions ». Un seul point irréductible : le Koweït doit être évacué : le délai accordé à Saddam Hussein ne saurait être repoussé au-delà du 15 janvier.
    Il en a assez dit pour que, d’un coup, une rumeur coure dans les rédactions : une initiative française serait imminente. Laquelle ? Motus et bouche cousue. Ce que l’on souligne, c’est que Michel Vauzelle 2 est parti pour Bagdad en passant par Amman au tout début de l’année. Il a expliqué dans une déclaration qu’il n’était chargé d’aucune mission officielle, mais qu’il comptait jouer « un rôle exploratoire utile 3  ».
    De là à imaginer qu’il peut sortir de son chapeau la solution miracle à la crise, il n’y a qu’un pas !
    Je sais qu’à l’heure qu’il est, au ministère de la Défense, tout le cabinet – le ministre aussi – pense que l’opération américaine, à laquelle se joindront les Européens, et même quelques pays du Golfe, est inéluctable.

    14 janvier
    Depuis la dernière conférence de presse de Mitterrand, nous n’avons cessé d’enquêter, Dominique Bromberger et les journalistes du service étranger en tête, bien sûr, sur les propositions de paix recherchées par la France. Existent-elles vraiment, ces propositions ?
    L’ambassadeur irakien en France 4 , que j’ai continué à rencontrer depuis l’automne dernier malgré les mises en garde répétées de l’Élysée et de Matignon, me dit que la seule initiative efficace qui pourrait arriver serait que Roland Dumas

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