Chronique de mon erreur judiciaire
couple désormais séparé. David Brunet est mis en cause pour viols et agressions sexuelles sur les enfants Dave et Johnny Delay, ainsi que pour viol sur son fils Alexis. Soit dit en passant, alors que je trouve déjà odieux d’être personnellement accusé d’attouchements sur mon fils, comment lui, ce père, peut-il tenir avec de telles accusations, qu’il conteste vigoureusement ?
En sortant du tribunal, je rencontre des reporters ayant interviewé mes sœurs pour une émission de télévision. À d’autres journalistes, je lâche quelques banalités toujours réelles comme « c’est dur d’entendre des choses immondes », avant de me fendre d’une perfidie contre l’officier de police judiciaire ayant procédé à mon interrogatoire durant ma garde à vue, expliquant avoir très envie qu’il nous renseigne sur les méthodes de perquisition et de questionnement employées dans cette affaire. Hélas, ce souhait ne sera jamais exaucé et lui jamais entendu. Dommage, car je me serais fait un plaisir de lui rappeler comment il critiquait les méthodes du juge Burgaud, arguant du fait que c’était sa première participation à une enquête de ce type, investigation durant laquelle, à l’en croire, ses collègues et lui s’étaient contentés d’obéir scrupuleusement aux ordres de l’instruction.
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Nouveau huis clos pour l’audition de Johnny, le troisième fils des époux Delay. Un huis clos « partiel » toutefois, car si les journalistes ne peuvent être présents, ils voient tout ce qui se passe de la salle de projection vidéo.
L’enfant commence en citant toute une série de noms, s’étonnant de l’absence en cette salle de certaines des personnes l’ayant violé. Il ne me cite pas et quand l’avocat d’Odile veut savoir si « madame Marécaux est présente », il dit ne pas la reconnaître.
Ses déclarations sont en fait empreintes de multiples contradictions et fabulations. Il fait ainsi état, avec maints détails « farfelus », du meurtre d’une petite fille, puis affirme être allé à une ou deux reprises en Belgique avec certains des accusés, où on l’aurait filmé dans des scènes pédophiles et zoophiles. Devant tant de détresse et de délire, on ne peut qu’être certain que ce garçon a été traumatisé par des viols et des agressions sexuelles.
Une vidéo montrant l’interrogatoire de ce petit bonhomme l’atteste d’ailleurs. Même si cette cassette apparaît de mauvaise qualité, elle en apprend en tout cas plus qu’aucune autre retranscription écrite. Je constate d’ailleurs que dans ses propos tout n’a pas été retranscrit minutieusement ni même repris. Là, je me pose une question : pourquoi Sébastien n’a-t-il pas pu bénéficier d’un interrogatoire filmé ? Une telle méthode aurait permis, lors de sa première audition, de déceler ses contradictions, et aurait apporté la preuve que ses mots n’avaient pas été correctement retranscrits sur le papier. Je me rappelle alors que, dès le premier entretien avec le juge, mon avocat avait demandé le visionnage de la cassette mais que Fabrice Burgaud avait paru embêté. Et pour cause, aucune vidéo n’avait été enregistrée.
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Le défilé des « accusés » et intervenants ne cesse pas. Après une assistante maternelle demeurant à Outreau, où Johnny a été scolarisé, survient son mari, accusé par ce petit Delay d’avoir fait l’amour avec Michelle, petite-fille à la charge de son épouse. Une accusation qu’il ne s’explique pas, impuissant à répondre aux questions des avocats.
Puis entre en scène la directrice de l’école maternelle de la Tour du Renard, une femme a priori sincère et professionnelle n’apportant aucun élément nouveau. Elle parle de Dave et Johnny comme de garçons malpropres, capables de manger de la boue, ainsi que de leurs dessins particulièrement sales et crus. Elle évoque aussi l’ambiance « sexuelle avancée » des enfants de l’établissement, citant en exemple une petite fille qui, quinze jours plus tôt, avait demandé à un camarade de « baisser son slip pour qu’elle puisse lui sucer sa quéquette ».
À vrai dire, je suis abasourdi par son récit. Comment, vu ce contexte, a-t-on pu mettre les petits Delay en contact avec les écoliers de Samer sans en avertir les parents d’élèves ? Je devine d’emblée la réponse : essayer de mieux intégrer des gosses perturbés. Soit, mais comment ne pas songer aussi à
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