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L'archipel des hérétiques

L'archipel des hérétiques

Titel: L'archipel des hérétiques Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Mike Dash
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les hommes et les
enfants, mais pour l'instant, épargnez les femmes 83 . » Et, pour la
première fois, Zevanck n'essaya même pas de trouver des prétextes à ses crimes,
et n'invoqua aucune accusation de vol ou de trahison. Les mutins étaient armés
de sabres, de poignards et d'étoiles du matin. Ils mirent pied à terre,
sortirent leurs armes et attaquèrent.
    Van Os fut des premiers à sauter à terre : « A peine
arrivé, Lenert passa son épée au travers du corps d'un garçon et en toucha un
autre au postérieur. Il frappa Jacop de Vos, un tailleur, droit au flanc »,
lit-on dans un récit de l'épisode. « Et dès qu'il fut sur le rivage, Jan
Hendricxsz poignarda cinq garçons de cabine et deux hommes» Les autres mutins
se dispersèrent, pourchassant leurs victimes désarmées dans tout le campement.
Certains hommes, tel le caporal, avaient des femmes et des familles à protéger.
Ils furent probablement les premiers à trouver la mort. Les autres parvinrent
jusqu'aux barques ou se cachèrent. Huit hommes, dont Cornelis Jansz, purent
s'échapper 85 par voie de mer et mirent le cap au nord, vers l'île
Haute. Plusieurs des jeunes garçons réussirent à se cacher dans des buissons au
milieu de l'île - les autres prirent leurs jambes à leur cou en direction du
nord, si vivement que Zevanck et ses assassins renoncèrent à les rattraper.
    Il y remédia avec sa brutalité coutumière. Les mutins
avaient capturé l'un des garçons, durant leur première vague d'assaut. C'était
Abraham Gerritsz, d'Amsterdam, le jeune déserteur que Pelsaert avait embarqué
en Sierra Leone. Il fut traîné devant Zevanck.
    — Mon garçon, lui expliqua ce dernier, tu vas te faire un
plaisir de nous aider à tuer, ou tu seras toi-même dans le pétrin.
    Gerritsz exécuta « très volontiers » ces ordres, mais sans
doute plutôt par peur que par plaisir. Toujours est-il qu'il parvint à attraper
un autre garçon de son âge (quinze ans), qu'il jeta à terre. Après une brève
bagarre, Gerritsz l'immobilisa et le tua d'un coup de couteau. Les autres
garçons, une quinzaine au total, avaient disparu et les mutins revinrent
s'occuper du camp.
    Quatre hommes et six garçons avaient été tués lors de la
première vague. Six ou sept autres gisaient à présent à terre, grièvement
blessés et incapables de se défendre. Zevanck et ses hommes les traînèrent vers
la mer et les noyèrent. Quatre femmes enceintes, dont l'une était Laurentia
Thomas, la femme du caporal, furent retrouvées dans les tentes mais,
conformément aux ordres de Jeronimus, les mutins les épargnèrent. Les sbires de
l'intendant adjoint s'assurèrent qu'il n'y avait pas d'autres bateaux sur
lesquels les garçons auraient pu quitter l'île, et s'en retournèrent au
Cimetière du Batavia après cette journée bien remplie. La population de
l'île aux Otaries s'était réduite de moitié, et la bande de Cornelisz s'était
enrichie d'un nouveau membre, Abraham Gerritsz, qui regagna leur île avec eux.
    Jeronimus résolut bientôt le problème des jeunes fuyards
qui avaient disparu. Quelques jours plus tard, il envoya un autre détachement
sur l'île aux Otaries. Cette fois, ses hommes attaquèrent de nuit pour être
sûrs de surprendre les survivants dans leurs tentes, pendant leur sommeil 86 .
Les mutins étaient à nouveau menés par David Zevanck, mais ils étaient cette
fois huit, dont Mattys Beer, Gysbert Van Wel-deren, et un garçon originaire de
Bommel, un dénommé Jan Pelgrom 87 . Les assassins accostèrent
discrètement à quelque distance du camp et crapahu-tèrent sans bruit vers les
tentes, en se dispersant pour les attaquer toutes, simultanément. Puis, au
signal convenu, ils frappèrent. Andries Jonas, le soldat quadragénaire,
originaire de Luyck était de la bande :
    «Le 18 juillet, Andries Jonas reçut de Jeronimus l'ordre
de se joindre à David Zevanck et à six autres hommes pour se rendre sur l'île
aux Otaries, afin de tuer les quatre femmes et les quelque quinze garçons qui
avaient survécu au précédent massacre du 15 juillet.
    » A Zevanck qui lui demandait s'il avait un couteau,
Andries Jonas répondit qu'il en avait un, mais qu'il n'était pas bien affûté.
Zevanck lui remit donc son propre couteau en lui disant : "Va trancher la
gorge aux femmes."
    » Alors de son plein gré et sans élever la moindre
objection, Andries est allé trouver Mayken Soers, qui arrivait au terme de sa
grossesse. Il l'a prise par la main, l'a emmenée un

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