Le prix du sang
toute force aux mains de la jeune fille. Les pans du corsage largement entrouverts, la brassière de coton relevée révélaient dans la pénombre une poitrine tout à fait ravissante. Du bout des doigts, Ãdouard agaçait tour à tour les deux pointes dressées, allant jusquâà les pincer, les tirer un peu, arrachant chaque fois des plaintes de plaisir.
Après de longues minutes de ce traitement, il se pencha, saisit un mamelon entre ses lèvres, alterna les petits coups de langue et les mouvements de succion.
â Ne fais pas cela!
En disant ces mots, Clémentine saisit la tête dâÃdouard pour la presser contre ses seins. Le garçon interpréta le message contradictoire de la meilleure façon. Sa main droite se trouvait entre les reins de sa compagne et le cuir de la banquette. Il la fit descendre vers les fesses. La gauche se posa sur une cuisse longue et souple et remonta vers le haut en troussant un peu le tissu. Lâaudace du geste agit comme une détonation. La jeune fille se redressa, puis déclara dâune voix ferme :
â Non, pas ça!
Le ton impérieux ne permettait aucune insistance, sinon toute la complicité construite entre eux depuis lâété sâeffacerait irrémédiablement. Le visage, la bouche et même les seins sâavéraient accessibles après plus de deux mois dâun travail de séduction habile. Lâentrejambe demeurerait tabou encore un moment. Clémentine sâinspirait dâune stratégie élaborée à tâtons par toutes les jeunes femmes dans sa situation. à voix basse, les plus délurées des employées de la Basse-Ville convenaient que le « haut » servait à attiser le désir du chevalier servant. Le « bas », dâautant plus convoité quâil demeurait inaccessible, devait faire suffisamment envie au prétendant pour lâamener à présenter la grande demande. Bien sûr, les plus prudes, ou les plus étroitement surveillées par des parents attentifs, nâaccordaient même pas le bout de leurs lèvres avant les fiançailles. Elles aussi finissaient pourtant par trouver preneur.
Ãdouard savait reculer, pour éventuellement mieux sauter.
â Je suis désolé, mais ta beauté me fait perdre mes esprits.
Sa tête sâinclina à nouveau sur la poitrine. Sa compagne se détendit et laissa bientôt échapper de petits gémissements. Le garçon sâempara alors de sa main gauche, lâattira vers son propre entrejambe pour la poser sur son sexe raidi, bien perceptible sous le tissu du pantalon et du sous-vêtement. Clémentine aspira bruyamment.
â Sens comme tu me rends fou⦠Je tâaime tellement.
Le mot de quatre lettres se mêla à lâeffet du mauvais toucher pour affoler lâesprit de la jeune femme. La succion reprit sur la pointe des seins, interrompue seulement par le murmure étouffé, comme une litanie :
â Tu es si jolie, si jolie.
Ãdouard maintenait toujours la paume de sa compagne contre son sexe tendu, posé contre sa cuisse, et esquissait un mouvement de va-et-vient. Clémentine faisait mine de se dégager de sa prise, sans toutefois trop insister. Après un moment de ce jeu, lâexcitation lui fit abandonner toute résistance. Elle serra ses doigts sur le tube de chair, comme pour en reconnaître la forme, et continua le mouvement de sa propre initiative.
â Je tâen prie, continue.
Il agaça la pointe des seins de ses dents. En guise de réponse, la fine main se fit plus rapide, jusquâà déclencher un frisson délicieux, une plainte appréciative. à grands jets, le sperme se répandit dans ses vêtements. Clémentine comprit combien sa caresse provoquait des émotions intenses. à la fois émue et effrayée, elle crispa ses doigts sur le bout du membre et sentit la moiteur du tissu.
Ãdouard releva la tête pour la regarder dans les yeux. Sa paume agaça encore la poitrine offerte.
â Câest si bon. Tu es certaine que tu ne veux pas que je te rende la pareille? articula-t-il doucement.
â ⦠Non. Câest mal.
Un mouvement de négation de la tête accompagna le constat moral.
â Pourquoi mal? Tu mâas donné du plaisir, jâaimerais tâen procurer aussi.
â ⦠Je dois rentrer.
Le jeune
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