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Napoléon

Napoléon

Titel: Napoléon Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: André Castelot
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dérobe toujours il lui faut commencer une nouvelle campagne – et quelle campagne ! – Napoléon, contrarié au-delà du possible, a quelque excuse de s’être montré aussi grossièrement assiégé par ses pensées...

    Alexandre se trouve déjà à Vilna, attendant l’attaque de Napoléon. Attaque inévitable, puisque le 8 avril le gouvernement russe a envoyé un ultimatum à l’empereur des Français exigeant l’évacuation intégrale de la Prusse, de la Poméranie suédoise et de toutes les places occupées par la France au-delà de l’Elbe !
    Devant de telles exigences, que faire, si ce n’est la guerre ? Cependant l’Empereur tarde encore à prendre le chemin de l’armée. Il attend le résultat de vagues négociations menées avec l’Angleterre, qui auraient surtout permis de mettre un point final au sanglant drame espagnol et à l’imbroglio du commandement, confié, dans la péninsule, aux seules mains de l’incapable Joseph. Don José primero règne déjà sur un royaume qui l’ignore ; il aura désormais le commandement suprême sur une armée de près de deux cent trente mille hommes qui lui échappera, elle aussi, jusqu’à la culbute finale – deux cent trente mille hommes formant d’excellentes troupes commandées par Soult, Marmont, Suchet, Dorsenne, et qui vont tant manquer à Napoléon !
    Et, aux Tuileries, l’on danse toujours... Mais l’Empereur a bien du mal à s’intéresser aux quadrilles du Carnaval. On le verra un soir tambouriner sur la vitre d’une fenêtre en chantonnant : Malborough s’en va-t-en-guerre, appuyant sur les paroles : Ne sait quand reviendra, qu’il répétera deux ou trois fois.
    La veille de son départ, il reçoit Pasquier. Le préfet semble assez pessimiste. La disette qui va commencer et se prolonger à coup sûr durant trois mois, risque de rendre « la situation périlleuse » alors que l’Empereur se trouvera à quatre cents lieues de sa capitale :
    — Si, malheureusement, un mouvement insurrectionnel de quelque étendue venait à se produire, ne serait-il pas à craindre qu’il eût de funestes conséquences au-dedans et au-dehors ? Il est de mon devoir de ne pas dissimuler à Votre Majesté les dangers que j’entrevois.
    Napoléon garde le silence, se promène selon son habitude de la fenêtre à la cheminée, puis il se tourne brusquement vers Pasquier :
    — Oui, sans doute, il y a du vrai dans ce que vous dites, c’est une difficulté de plus ajoutée à toutes celles que je dois rencontrer dans l’entreprise la plus grande, la plus difficile que j’aie encore tentée, mais il faut bien achever ce qui est commencé. Adieu, monsieur le préfet.
    Le 9 mai 1812, les Parisiens peuvent lire ces lignes dans le Moniteur : « L’Empereur est parti aujourd’hui pour aller faire l’inspection de la Grande Armée réunie sur la Vistule. Sa Majesté l’Impératrice accompagnera Sa Majesté jusqu’à Dresde où elle espère avoir le bonheur de voir son auguste famille. »

    Avant de chausser ses bottes, l’Empereur, jetant mille feux, va en effet jouer une dernière fois son rôle d’empereur d’Occident. Il espère que ce « triomphe » poussera Alexandre à traiter. Il semble aussi qu’il ait besoin, pour retrouver ses fameux aplombs, de présider une nouvelle fois une cour de rois et d’en imposer à son beau-père et allié.
    Sur le passage du maître, à chaque étape entre Paris et Dresde, à chaque relais même, les princes allemands font la haie. Le 11 mai, Napoléon et Marie-Louise quittent Metz à deux heures du matin et, à la fin de cette troisième journée de route, arrivent à Mayence où les saluent les princes de Hesse-Darmstadt et d’Anhalt. Le lendemain, départ à l’aube. À « Wurtzburg, ils sont reçus par le grand-duc, le roi de Wurtemberg et le grand-duc de Bade. Le lendemain, au relais de Bamberg, les princes Guillaume et Pie de Bavière s’inclinent bien bas devant l’Empereur. Le 16 mai, venant de Plauen, l’Empereur et l’Impératrice sont accueillis à la frontière de Saxe par le roi et la reine. Ils font tous quatre ce même soir leur entrée à Dresde illuminé, où l’empereur et l’impératrice d’Autriche viennent les rejoindre.
    Des « peuples entiers » se pressent avec l’espoir d’entrevoir Napoléon, nous dit le comte de Ségur.
    « Ils passaient des jours, des nuits entières, les yeux fixés sur la porte et sur les fenêtres de son palais. Ce n’est point sa

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