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Qui ose vaincra

Qui ose vaincra

Titel: Qui ose vaincra Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Paul Bonnecarrère
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porte effectivement en bandoulière un vieux fusil de chasse. Lorsqu’ils
    parviennent à la hauteur des parachutistes, Botella lance calmement :
    « Stop ! Arrêtez-vous.
    Et approchez les mains en l’air. »
    Les hommes s’exécutent
    docilement. L’un d’eux est presque un enfant, l’autre est également très jeune.
    « Qui êtes-vous ?
    interroge Botella.
    — Ben, et vous ?
    réplique l’aîné, gouailleur.
    — C’est moi qui
    pose les questions, jette Botella sèchement.
    — Moi, c’est
    Chariot. Mon pote c’est Jojo, lance le gars, souriant.
    — C’est fini de
    jouer les comiques ! interrompt Litzler. Tu vas déguster si c’est ce que
    tu cherches.
    — Oh ! ça va, écrasez !
    Ça se voit ce qu’on est, non ? On est des résistants, on fait partie des
    Francs-Tireurs, ça fait quarante-huit heures qu’on vous cherche. Alors
    maintenant qu’on vous a trouvés, on va pas se bouffer le train, non !
    — Asseyez-vous tous
    les deux. Vous avez des papiers d’identité ?
    — Vous êtes flics
    ou parachutistes ? Bien sûr qu’on n’a pas de papiers ! Y manquerait
    plus que ça.
    — Nom, âge, profession ?
    poursuit Botella.
    — Moreau, Charles, vingt
    ans. Je travaille à Paris en usine, mais je suis de Pontivy. Lui c’est Jojo, il
    a dix-sept ans, il bossait à Nantes.
    — C’est bon, où
    sont vos chefs ?
    — Oh ! vous
    savez, nos chefs, ils font comme nous, ils se planquent dans la forêt. On se
    rassemble le moins souvent possible.
    — Ou bien : vous
    n’avez pas de chefs, vous n’appartenez à aucune organisation, et vous jouez
    tous les deux aux petits soldats ! »
    Chariot change de ton, il
    est touché d’avoir été si facilement percé à jour.
    « Écoutez, mon
    lieutenant, une organisation il y en a une, les F.T.P. Et puis il y a dans la
    forêt une vingtaine de gars comme nous : francs-tireurs chez les
    francs-tireurs. Les autres nous tolèrent, on a fui le S. T. O.
    — Pourquoi ne vous
    enrôlent-ils pas ? Ils doivent avoir leurs raisons.
    — Ils n’ont pas d’armes
    à nous donner. Regardez nos pétoires, elles datent du Moyen Âge. Ils disent qu’on
    serait des poids morts, mais il y a six mois qu’on vit dans la forêt, on la
    connaît bien, on peut vous servir de guide.
    — Vous pouvez nous
    faire rencontrer les chefs F.T.P. ?
    — Ben, c’te
    connerie ! On est là pour ça. »
    Grâce à Chariot et Jojo,
    la jonction des parachutistes et des Francs-Tireurs et Partisans s’effectue
    dans la soirée. Botella est surpris par l’organisation et la discipline de la
    troupe. À 23 heures, tout est prêt pour recevoir la seconde vague qui va être
    parachutée. La base de la forêt de Duault a pris son nom de code : « Samwest. »
    Depuis l’annonce du
    débarquement de Normandie, le major Fueller ne quitte plus sa salle de travail.
    Il a installé son P.C. dans une grande maison isolée, à deux kilomètres de
    Belle-Isle-en-Terre. Il couche sur un lit de camp, déplace le téléphone qu’il
    garde toujours à portée de la main. Malgré son grade et son âge, il assume provisoirement
    la responsabilité de la 71 e division d’infanterie de la Wehrmacht. Il
    dépend du général Kiltitz qui, de Guimgamp, coiffe l’ensemble du 74 e corps d’armée.
    Fueller n’a pas quarante
    ans. Une blessure sur le front de l’Est lui a bloqué à jamais l’articulation du
    genou droit ; il n’en a pas moins conservé une allure martiale que sa
    claudication accentue et qui lui donne une démarche d’automate. Les murs de la
    pièce sobre sont couverts de photos et de cartes de la région ; un panneau
    entier est consacré à la forêt de Duault. Cette forêt hante le sommeil du jeune
    commandant allemand.
    Il n’ose pas y envoyer
    des patrouilles, car les renseignements sur les forces de la Résistance qui l’occupent
    sont imprécis, contradictoires, aggravés depuis quarante-huit heures par un
    bruit qui court : des parachutistes alliés auraient, en forêt de Duault, rejoint
    les forces de la Résistance.
    De Guingamp, le général
    Koltitz vient d’appeler. Fueller garde à l’oreille les braillements nasillards
    de son chef :
    « Foutez le feu !
    Rasez les arbres, mais faites-moi sortir cette bande de rats de leur trou !
    J’ai suffisamment de préoccupations au nord sans être empoisonné par des gamins
    armés de lance-pierres. Vous avez carte blanche, Fueller. Moi, c’est la
    dernière fois que je veux entendre parler de ce maudit tas de bois ! »
    Des

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