Histoire Romaine
droit pratique, mais
ne découle pas des principes donnés d’abord par la théorie juridique. Les baux
ont pris une importance grande, le jour où les capitalistes de Rome ont commencé
d’acquérir de vastes domaines au delà des mers. L’on sut bientôt les apprécier
à leur juste utilité, en leur assignant jusqu’à une durée de plusieurs
générations (Colum., 1, 7, 3).
[478] On ne semai rien entre les ceps de vigne, ou tout au
plus quelques herbes fourragères venant bien à l’ombre. Nous le savons encore
par Caton (33, cf. 137) ; et Columelle, de son côté (5, 3), enseigne que
la vigne, en fait de produits accessoires, ne rend rien que les marcottes que l’on peut vendre. En revanche, on sème au milieu des plantations d’arbres ( arbustum )
comme en plein champ (Colum. 2, 9, 6). – Mais quand la vigne est cultivée en
festons suspendus aux grands arbres, on garnit aussi le dessous en céréales.
[479] Magon ou son traducteur (Varro, de re rust., 1,
17, 3) veut qu’au lieu de dresser les esclaves on les achète, mais avant l’âge
de 22 ans. Caton est du même avis, sans doute, à en juger par le personnel de
sa ferme modèle, quoiqu’il ne le dise pas expressément : mais il enseigne
nettement qu’il faut vendre les esclaves dès qu’ils se font vieux et malades (2).
Quant à l’élève des esclaves, dont parle Columelle (1, 8), à l’endroit où il
conseille de ne pas faire travailler la mère de trois fils, et d’affranchir
celle qui en a quatre, c’est là une spéculation sui generis bien plus qu’une
règle agronomique. De même, Caton achetait des esclaves pour les former et les
revendre ensuite avec bénéfice (Plutarque, Cato maj., 21.) L’impôt
spécial dont il est parlé dans le texte ne s’applique qu’aux domestiques de
corps, ou de l’intérieur ( familia urbana ).
[480] Dans ces conditions, mettre aux fers l’esclave, et
même le fils de famille (Denys d’Italie, 2, 26), était un vieil usage. Caton
dit pareillement que les valets de culture n’étaient enchaînés que par exception ;
et comme alors ils ne pouvaient moudre, au lieu de blé, on leur donnait leur
pain tout cuit ( de re rust . 56). Mais, sous les empereurs, les fers sont
journellement appliqués, à titre provisoire quand c’est le régisseur qui punit,
à titre définitif quand c’est le maître (Colum., 1, 8, – Gaius, 1, 13 ; Ulpien,
1, 11). Que si l’on voit plus tard les travaux des champs faits par des
esclaves systématiquement enchaînés ; que si l’on rencontre désormais, dans
tous les domaines, le coactif du travail ( ergastulum ), le cachot
bas, percé d’une foule de petites fenêtres, auxquelles les prisonniers ne
peuvent, depuis le sol, atteindre avec la main (Colum. 1, 6), ce fait s’explique
facilement. La condition des esclaves ruraux était infiniment plus dure que
celle des autres domestiques, et l’on n’envoyait guère aux travaux des champs
que ceux qui avaient commis ou passaient pour avoir commis de grosses fautes. Je
ne le nie pas, d’ailleurs, souvent des maîtres cruels mettaient sans motifs un
malheureux aux fers. La loi romaine y fait assez clairement allusion quand
réglant le sort, si triste fait à la famille servile du criminel, elle
se tait au regard des esclaves enchaînés ; mais édicte la peine contre
ceux qui sont à la demi chaîne. – Il en était de même de la marque ( stigma , notatio ) : elle était à proprement parler une peine, mais souvent
aussi tout le troupeau ( grex ) portait la marque du maître.
(Diodore, 35, 5, – le Phocylide , de Bernay, p. XXXI).
[481] Caton ne le dit pas expressément pour les vignes, mais
Varron est formel (I, 17), et d’ailleurs il va de soi qu’il en était ainsi. – Il
eût été mauvais, économiquement parlant, de calculer le nombre des domestiques
ruraux sur l’étendue de la moisson à rentrer. Encore moins si l’on avait eu un
tel personnel, aurait-on vendu les raisins sur le cep, ce qui pourtant se
faisait souvent (Cat., 147).
[482] Columelle fait un compte de quarante-cinq jours de
fête ou de pluie par année (2, 12, 9) ; ce que Tertullien, confirme ( de
idola., 14), en disant que chez les païens les jours de fête n’atteignent
pas le nombre des cinquante jours de joie des chrétiens, de la Pâque à la
Pentecôte. A ces quarante-cinq jours, il faut ajouter le repos de la mi-hiver, après
les semailles finies, pour lequel Columelle compte encore trente jours. C’est
là que se
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