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Les Rapines Du Duc De Guise

Les Rapines Du Duc De Guise

Titel: Les Rapines Du Duc De Guise Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Jean (d) Aillon
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de la cour. Dans sa maison du faubourg Saint-Honoré,
elle rassemblait dans un salon réputé poètes et écrivains pour des lectures et
des échanges d’idées.
    Marthe Feydeau, l’épouse de Jehan Salvancy, n’était
que la fille d’un procureur au parlement et ne connaissait pas le latin, mais
elle s’était mis en tête d’être la duchesse de Retz de la bourgeoisie
parisienne. Pour cela, chaque mercredi en début d’après-midi, elle réunissait
quelques beaux esprits pour écouter leurs vers.
    Cassandre, escortée de Caudebec et de Hans, traversa
Paris enneigé le mercredi suivant le souper de la Sainte-Isabelle. Invitée chez
Salvancy, elle était partie tôt de la maison Sardini, car elle voulait arriver la
première afin de préparer au mieux l’entreprise que lui avait suggérée Isabeau
de Limeuil.
    Elle fit le voyage enveloppée dans une
houppelande à fourrure et capuchon, à cheval sur une selle de haquenée que lui
avait donnée Mme Sardini. C’était une sorte de bât où la femme en robe s’asseyait
en amazone, avec une planchette en guise d’étrier et une fourche afin de mieux
tenir la jambe droite. Cette selle avait été offerte à Isabeau par Catherine de
Médicis, qui n’en avait plus l’utilité depuis que son embonpoint et ses
rhumatismes l’empêchaient de chasser à cheval.
    Chez Salvancy, le concierge qui leur ouvrit
était avec un homme à l’allure de bravo. Lourde épée à la taille et
jaques de mailles de fer visibles sous son pourpoint, il dévisagea Caudebec et
Hans pour les jauger pendant que le concierge, prévenu de leur visite, faisait
entrer les chevaux par le corridor jusqu’au jardin intérieur.
    Pendant ce temps, Cassandre aperçut à sa
gauche trois commis qui écrivaient dans la pièce dont la fenêtre ogivale
donnait dans la rue. Un second garde armé assis sur un banc, avec un jeu de
cartes à la main, attendait visiblement le retour de son compagnon.
    Conduit par le bravo, Hans rejoignit
les montures dans le jardin tandis que Cassandre et Caudebec grimpaient un
escalier raide, derrière le concierge. Au palier, celui-ci les annonça par une
des portes de l’étage avant de les laisser pénétrer dans une vaste chambre dont
les deux fenêtres à colonnades donnaient sur le jardin. Le meuble principal en
était un immense lit à piliers sur lequel était assise Mme Salvancy. Son
époux, en pourpoint noir et haut et bas-de-chausses écarlates, était debout
près d’une des fenêtres et parlait avec un jeune homme à la triste figure.
    Cassandre balaya la chambre des yeux. Quand la
bourgeoisie protestante affectait des intérieurs austères, M. Salvancy, comme
beaucoup de catholiques, tenait à afficher sa fortune. Son épouse portait une
robe de velours noir garnie d’un corps de drap à grosses manches brodées et
matelassées, doublée de serge violet. Un collier de perles entourait sa gorge
sous une petite fraise finement brodée. Outre le lit, la pièce comprenait un
bahut marqueté et une grande armoire à deux médaillons sculptés, l’un
représentant une tête de femme de profil, et l’autre une tête d’homme. Il y
avait aussi une dizaine de chaises à dossier bas et pieds carrés. Sur le bahut
se trouvaient plusieurs vases émaillés ainsi qu’un coffret ciselé. Au mur
étaient pendus deux grandes tapisseries et un miroir doré.
    Les présentations furent faites, le jeune
homme était un cousin qui écrivait des poèmes. Cassandre s’installa sur une
escabelle tapissée, près de la maîtresse de maison qui l’interrogea sur sa vie
à Lucques pendant que Caudebec échangeait quelques paroles avec M. Salvancy.
Celui-ci se flatta d’avoir acheté plusieurs offices de receveur. Il collectait
ainsi les tailles dans près de cent cinquante paroisses, le quart de l’élection
de Paris ! Caudebec s’en émerveilla tout en observant le jardin. Il y
avait une petite écurie où il voyait Hans brosser les chevaux. Posant des
questions, il apprit qu’un escalier de service distribuait les chambres et la
cuisine et qu’il y avait un passage entre la cuisine et la salle du
rez-de-chaussée qu’ils avaient vue. Chaque étage n’avait que deux grandes
pièces complétées par de petits bouges, l’autre chambre du niveau où ils se
trouvaient, celle qui donnait sur la rue, était celle de M. Salvancy. Sous
les combles, sur plusieurs niveaux, logeaient les domestiques qui pouvaient
aller et venir par l’escalier de service.
    D’autres

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