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Napoléon

Napoléon

Titel: Napoléon Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: André Castelot
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rester prince français.
    Un traité franco-hollandais, signé le 16 mars 1810, sanctionne la possession du Brabant, de la Zélande et – d’une partie de la Gueldre à Napoléon. Mais, – ô ironie – soldats et douaniers chargés de veillerau blocus sur tout le territoire néerlandais, seront entretenus et payés par la Hollande ! Napoléon a également exigé que Hortense – elle fuyait autant son mari que les Pays-Bas – reprenne avec Louis le chemin d’Amsterdam. « Je me préparai à retourner dans ce lieu de douleur comme on se prépare à la mort », nous dit-elle.
    La fille de Joséphine est d’autant plus malheureuse que la jalousie du roi est devenue maladive. I] cloître sa femme dans une aile du palais, la fait espionner par ses domestiques et erre dans le château avec des allures de policier. Sa suspicion n’est d’ailleurs pas tout à fait sans fondement – et il est bien possible que le futur Napoléon III, venu au monde en 1808, n’ait pas été le fils du roi de Hollande. Il naquit dix-neuf jours avant terme... La jeune femme semblait elle-même avoir quelque doute puisque le cardinal Fesch disait en souriant :
    — Quand il s’agit des pères de ses enfants, la reine Hortense s’embrouille toujours dans ses calculs.
    Hortense voudrait bien divorcer – Louis également–,mais Napoléon estime que ces divorces en chaîne, chez les Bonaparte, risqueraient de faire sourire...
    La situation, déjà tendue entre les deux frères, va encore s’aggraver. L’Empereur décide de visiter les provinces sud-hollandaises nouvellement annexées, ce qui lui permet d’exhiber aux habitants des départements « français » du nord la fille de l’ancien maître des Pays-Bas autrichiens, devenue leur impératrice... Et Louis est contraint de se rendre auprès de son frère et de lui faire les honneurs des provinces qui lui ont été arrachées ! Sa mauvaise humeur s’accroît en voyant ses sujets de la veille fort bien accueillir leur nouveau maître. En devenant Français, ils pourront plus facilement commercer ! Et pour ces marchands, rien d’autre ne compte ! Louis boude, se plaint, soupire – et déclare à son frère vouloir être bon Hollandais avant tout.
    — En dehors de moi vous n’êtes rien, lui précise Napoléon. Soyez d’abord Français et frère de l’Empereur, et soyez sûr que vous serez dans le chemin des vrais intérêts de la Hollande.
    Ce qui n’empêche pas Louis, à la suite du nouveau traité imposé, d’envisager de résister à l’invasion de son royaume par les douaniers français :
    — Je suis attaché à la Hollande comme on peut l’être à sa famille, et plus ses malheurs sont grands, plus je crois me devoir tout entier à elle. Elle n’a que moi pour intercesseur. Je ne déserterai pas un pareil devoir.
    Aussi, interdit-il au duc de Reggio d’occuper Harlem. L’Empereur répond en ordonnant au maréchal Oudinot de s’avancer vers Amsterdam.
    — C’en est trop, menace Louis, en refusant de s’incliner ainsi que le lui conseillent ses ministres, cela me décide ! Je vais mettre l’Empereur au pied du mur et le forcer de prouver à la face de l’Europe et de la France le secret de sa politique envers la Hollande et envers moi depuis cinq ans. Je mets mon fils à ma place.
    Et, le premier juillet 1810, Louis abdique en faveur de son fils et disparaît on ne sait où. Au moins, la fuite de son mari libère Hortense qui, désormais émancipée, selon l’expression de l’Empereur, va profiter de sa liberté pour se faire faire tout à loisir un enfant – le futur duc de Morny – par le beau Flahaut, fils naturel de Talleyrand.
    Bien entendu, Napoléon ne pense pas une seconde à faire couronner le fils aîné de son frère. Point question de faire succéder Louis II à Louis I er  ! Le 9 juillet 1810, l’ancien royaume de Hollande est découpé en huit départements français : Bouches-de-l’Escaut, Bouches-du-Rhin, Bouches-de-la-Meuse ; Zuyderzée, Yssel-supérieur, Bouches-de-l’Yssel, Frise, Ems-occidental. Quelques jours plus tard – le 23 juillet – l’ex-consul Lebrun, devenu duc de Plaisance, est nommé lieutenant général de Napoléon, à Amsterdam, et adresse aussitôt ces mots à son ancien collègue du Consulat : « Sire, la terre et les eaux de Hollande sont à vous. »
    Le 15 août, l’Empereur reçoit les députés de la Hollande et leur fait part de sa décision :
    — Je viens de mettre un terme à la

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