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Un paradis perdu

Un paradis perdu

Titel: Un paradis perdu Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Maurice Denuzière
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Junon, avait le pouvoir de rendre leur virginité aux imprudentes qui l'avaient perdue, dit-il.
     
    – Oh ! je n'en demande pas tant ! lança naïvement Fanny, ce qui déclencha l'hilarité générale et donna à penser que cette Bostonienne, que lord Simon eût qualifiée d'ancienne beauté, avait dû connaître les plaisirs de l'amour.
     
    – On dit aussi qu'à Cyzique la fontaine de Cupidon soulageait les tourments des amoureux, compléta Terence Chandler.
     
    – Retiens cette adresse, Susan ! s'écria Fanny, ce qui fit rougir l'interpellée et sourire la compagnie.
     
    – Depuis que des pêcheurs d'éponges ont découvert, au nord-ouest de notre île, d'énormes blocs de calcaire manifestement taillés par l'homme, des archéologues américains ont émis l'opinion que nous vivons peut-être au-dessus des ruines de l'Atlantide 4 . Cette cité, aussi vaste qu'un continent, aurait été engloutie en une nuit, lors d'un ouragan, 9 000 ans avant Jésus-Christ, rapporta le vieil Anglais.
     
    – Mais Platon situe l'Atlantide près du détroit de Gibraltar et, pour avoir navigué dans ces parages que les anciens appelaient colonnes d'Hercule, je puis vous dire que le lieu me paraît plus convaincant que les Bimini Islands, dit John Maitland.
     
    – Lord Simon tenait l'Atlantide, que d'autres savants ont située près des îles Canaries où à Thera, en Égypte, pour légende mythologique. Mais on sait qu'à chaque époque les hommes ont rêvé d'une Atlantide, société idéale et raffinée, commenta Pacal.
     
    – Je puis vous assurer, mesdames, que l'île qui, le plus, ressemble à l'Atlantide est Soledad, déclara avec assurance Andrew Cunnings, avec un clin d'œil à Fanny.
     

    Au cours du voyage vers l' insula Cornfield , ainsi qu'elle figurait sur certaines cartes anciennes, lord Pacal constata avec satisfaction que Susan Buchanan recherchait souvent sa compagnie. Dès le premier jour de navigation, elle marqua beaucoup d'intérêt pour les îles approchées et voulut connaître leur histoire, le mode de vie des habitants, les méfaits des ouragans. Elle s'étonna qu'on produisît ici du sel, ailleurs des légumes, des fruits, du bois de charpente, des chapeaux de paille, et que les conches continssent parfois des perles précieuses, comme celle que les Bahamiens avaient envoyée à la reine d'Angleterre à l'occasion de son jubilé.
     
    – Les ananas et les langoustes que vous dégustez à Boston et à New York, l'écaille de tortue dont sont faits vos peignes et vos boîtes à poudre, l'éponge douce qui, peut-être, sert à votre toilette, viennent des Bahamas, ainsi que certaines roses vendues par vos fleuristes, précisa lord Pacal.
     
    Février 1888 se fit complice de l'héritier de lord Simon, qui souhaitait présenter l'archipel à ses invitées sous son aspect le plus séduisant. Soleil chaleureux, ciel bleu pastel, mer nonchalante assurèrent une navigation sereine, sans grains ni opposition des vents. Cette douceur réjouissait les Bostoniennes qui imaginaient leur ville sous la neige.
     
    Le tête-à-tête vespéral de Susan et Pacal devint un rite quand, après le dîner, John Maitland et le second, Cunnings, se voyaient mobiliser pour la partie de whist de tante Maguy et de sa nièce Fanny. D'après Andrew, cette dernière trichait sans vergogne et son aînée fulminait quand elle commettait une bévue. Du pont où ils se tenaient, côte à côte sur des fauteuils d'osier, Pacal et Susan percevaient parfois les éclats de rire de Fanny et les vociférations de Maguy.
     
    La nuit tôt venue créait, pour le couple, une intimité favorable aux confidences, comme si chacun tenait à se faire mieux connaître de l'autre à des fins inexprimées.
     
    Susan plaisait de plus en plus à lord Pacal et ce dernier avait le sentiment qu'il s'agissait d'un attrait réciproque. Il en eut confirmation quand, un soir, tout en bavardant, il prit la main de la jeune fille et que celle-ci répondit à la pression de ses doigts sans réticence. Leur duo se prolongea assez tard pour que, la partie de cartes terminée, tante Maguy surgît sur le pont, apportant un châle à sa petite-nièce.
     
    – Si vous devez passer la nuit ici à bavarder, mieux vaut te couvrir, dit en riant la vieille dame.
     
    Sans ressentir la pulsion charnelle qui l'avait poussé vers d'autres femmes, Viola, Lizzie ou Domenica, Pacal, regagnant sa cabine, se prit à considérer Susan Buchanan O'Brien comme une

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