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Marguerite

Marguerite

Titel: Marguerite Kostenlos Bücher Online Lesen
Autoren: Louise Chevrier
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complétaient les toilettes.
    Marguerite observa leur coiffure. Des boudins ramenés au sommet de la tête ou sur les côtés et pas de coiffe ni de bonnet. Quelle bonne idée elle avait eue tantôt ! Elle tira sur son mantelet - heureusement qu’il était neuf - afin de cacher sa jupe sombre. Serait-elle aussi élégante que toutes ces dames avec sa nouvelle robe déposée dans la malle que les domestiques avaient portée dans la chambre occupée par son mari ? Pour l’instant, la lui réclamer la gênait horriblement. C’était faire un premier pas vers une nouvelle vie qu’elle admettait encore difficilement.
    — On dirait que tu n’as pas assez de tes deux yeux et de tes deux oreilles, remarqua Talham dans un sourire, profitant d’une pause des musiciens. Encore faim pour une pointe de cette délicieuse tarte aux carottes ?
    Marguerite tenta de dissimuler un bâillement.

    — Tu es fatiguée, constata son mari. Nous allons monter.
    Et sans attendre la réponse, il se leva et s’approcha de sa chaise pour l’aider { en faire autant. «Monter ? Non ! » hurla tout à coup une voix dans la tête de Marguerite. Mais déjà, ils avaient quitté la table et prenaient l’escalier qui menait à l’étage. Le docteur ouvrit la porte de la chambre de Marguerite et s’effaça pour laisser entrer la jeune femme.
    Il la suivit, avant de refermer la porte derrière lui. Il alluma le chandelier et le martinet, sur la petite table, tandis que Marguerite sentait la panique sourdre en elle. Elle était si effrayée que ses jolis yeux faisaient peine à voir. Il la fit asseoir et resta debout, près d’elle.
    — Marguerite, ma très chère, dit-il d’une voix grave, je ne ferai jamais rien au mépris de tes sentiments.
    Elle le regardait timidement, pauvre petite chose muette, lissant vivement sa jupe du revers de la main.
    — La journée a été éprouvante pour toi, comme pour moi. Tu as besoin de te reposer.
    — Docteur ?
    — Alexandre ! la reprit-il gentiment.
    Marguerite baissa les yeux.
    — Je ne puis.
    — Cela ne fait rien. Nous essayerons encore demain.
    Il lui releva doucement le menton et la regarda tendrement.
    — Tu verras, je ne suis pas un monstre.
    — Je. . je ne crois nullement cela.
    — Nous avons un long chemin à parcourir ensemble, Marguerite. Nous prendrons notre temps, tout le temps qu’il te faudra. Alors, dors bien. Nous nous reverrons demain.
    — Vous voulez dire que je vais dormir ici ? Toute seule ?
    — Mais oui ! Maintenant, donne-moi ta main, ma chère petite.
    Elle la lui tendit. Il s’inclina sur ses doigts qu’il baisa délicatement, puis retourna sa main et pressa ses lèvres au creux de sa paume. Elle ressentit de nouveau l’étrange picotement et ferma les yeux. Alors, il se pencha vers elle et embrassa doucement ses lèvres roses.
    — Je souhaite que tu désires devenir ma femme. J’atten-drai. Bonne nuit, belle Marguerite.
    Et il sortit.
    Pantoise, la jeune femme resta figée, les sens chavirés.
    Rien n’arrivait comme prévu. Elle venait de recevoir le premier baiser de sa vie. Et ce n’était pas l’amant rêvé qui lui avait offert cette douce caresse, mais un homme qu’on lui avait imposé. Quel tumulte ce baiser provoquait ! C’était une sensation délicieuse. Un frisson inconnu lui avait traversé le corps.
    Bouleversée, Marguerite ne se reconnaissait plus. Elle venait de vivre une journée incroyable. La terrible angoisse du matin s’était résorbée, faisant place { la découverte, aux nouveaux plaisirs que pouvait lui offrir une nouvelle vie.
    Pendant le souper, la peur était revenue, sournoise, alors que l’instant redouté approchait : celui du soir des noces où toute femme découvrait le mystère du devoir conjugal. Et voil{ que cet événement n’aurait pas lieu. Du moins, pas ce soir. Et lui, son époux, qu’allait-il faire ? Dormir dans la pièce voisine ? Tout semblait silencieux. L’abandonnerait-il dans cet hôtel? «C’est mon mari, il s’appelle Alexandre», se répéta-t-elle pour mieux ancrer l’idée dans son esprit. Et s’il avait changé d’avis ? S’il lui prenait l'envie de revendi-quer ses droits, que ferait-elle ? Le voulait-elle ? L’espérait-elle ? Trop de questions auxquelles elle était incapable de répondre la tiraillaient.
    Si elle savait qu’il lui faudrait remplir ses devoirs d’épouse un jour, pour ce soir, il ne lui restait plus qu’{ dormir.
    Marguerite finit par se déshabiller dans la chambre

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