Histoire du Japon
siècle, elles continuèrent d’être subordonnées aux dirigeants nobles de la capitale, surtout aussi longtemps que les régents Fujiwara furent en mesure de choisir le souverain et de manipuler la cour. On peut dire que les beaux jours de la société esthétique coïncidèrent avec la suprématie des Fujiwara, qui prit fin vers 1150.
Il n’est pas facile de trouver un parallèle à la société aristocratique de Heian. Il existe certaines analogies dans la Perse islamique, mais c’est peut-être la cour d’Akbar, telle qu’elle est décrite dans les pseudo -Mémoires d’Akbar, ou Akbar Namah 22 , qui présente la plus grande ressemblance.
CHAPITRE X
Le gouvernement des empereurs cloîtrés
Comme on l’a vu, les régents Fujiwara sont parfois décrits comme le pendant extrême-oriental des maires du palais francs du vine siècle. La comparaison est utile, mais elle est inexacte, puisque certains maires du palais prirent le titre de roi, alors que les régents Fujiwara ne revendiquèrent jamais la prérogative impériale même lorsqu’ils exerçaient de fait le pouvoir souverain. Peu après la mort de Michinaga, en 1027, ce pouvoir allait d’ailleurs leur échapper.
Le successeur de Michinaga fut Yorimichi, qui occupa la charge de kampaku durant un demi-siècle, sous les règnes de Go-Ichijö (1016-1036), de Go-Suzaku (1036-1045) et de Go-Reizei (1045-1068). Ces souverains continuèrent de subir l’influence de leurs parents Fujiwara, de sorte que, pendant leurs règnes, le déclin du pouvoir des régents ne fut pas évident. Mais il déclina bel et bien, en partie parce que, depuis Michinaga, la conduite des affaires avait été impitoyable et égoïste, mais aussi parce que certains clans rivaux commençaient à prendre conscience de leur force. A ce stade, alors que (en sentiment sinon en action) une opposition se formait contre les Fujiwara, Go-Sanjô succéda à Go-Reizei, mort en 1068. Il s’agit d’une date importante (mais non pas cruciale) dans l’histoire du Japon, car si la chute des Fujiwara était sans cloute inévitable, elle fut probablement accélérée par le caractère du nouvel empereur.
Ce monarque était le deuxième fils de Go-Suzaku, et sa mère était la princesse Yomeimon-In, de sorte qu’il n’avait aucun lien de parenté direct avec le clan Fujiwara ni aucune dette de piété ou de gratitude à l’égard de ses membres. Il était décidé à gouverner lui-même, et cette résolution, comme l’aversion qu’il éprouvait pour les Fujiwara, était sans doute d’autant plus forte que, bien que son père l’eût désigné comme successeur de Go-Reizei (son demi-frère aîné), le régent Yorimichi lui était hostile. De la mort de son père à son propre avènement, c’est-à-dire pendant plus de vingt ans, il fut constamment menacé et calomnié. On l’accusa, par exemple, d’avoir tenté de provoquer la mort de Go-Reizei par des maléfices, et lui-même eut à craindre qu’on attente à ses jours. On ne saurait donc s’étonner qu’une fois sur le
EMPEREUR NAISSANCE AVÈNEMENT ABDICATION MORT
Kammu 737 781 806
Heizei 774 806 809 824
Saga 786 809 823 842
Junna 786 823 833 840
Nimmyô 810 833 _ 850
Montoku 827 850 _ 858
Seiwa 850 858 876 880
Yôzei 868 877 884 949
Kôkô 830 884 – 887
Uda 867 887 897 937
Daigo 885 897 – 930
Suzaku 923 930 946 952
Shuzaku
Murakami 926 946 _ 967
Reizei 950 967 969 1011
Enyù 959 969 984 991
Kazan 968 984 986 1008
Ichijô 980 986 – 1011
Sanjô 976 1011
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